Archives de catégorie : A propos de la vape

Entretient avec perplexity.ai, partie 2

Ce matin en me promenant sur le web j’ai été choqué par un article de AT-Suisse.
AT-Suisse est la faîtière de la lute anti-tabac dans notre pays. Ils ont depuis quelques temps migré d’une politique anti-tabac vers une politique anti-nicotine, malgré que les substituts nicotiniques soient recommandés en première intention dans le sevrage tabagique et malgré que la société francophone de tabacologie se soit prononcé en faveur de la vape comme outils d’arrêt du tabac.
J’ai demandé à perplexity une analyse critique de cet article et je vous recopie ici quelques parties agrémentées de mes commentaires et critiques. Ces critiques sont autant adressées à Perplexity qu’à AT-Suisse.

Distinction claire entre deux logiques de « réduction des risques »

Perplexity :
L’article […] souligne correctement que, dans ce cadre, la réduction des risques est :

  • une politique publique fondée sur des preuves épidémiologiques (baisse du VIH, des overdoses, etc.) ;

Dans un second fil destiné à creuser, Perplexity dit : “Non, les premières mesures de réduction des risques mises en œuvre à Liverpool au milieu des années 1980 n’étaient pas encore fondées sur une politique publique explicitement « evidence-based » au sens épidémiologique rigoureux tel qu’on l’entend aujourd’hui. Elles reposaient plutôt sur une logique de santé publique pragmatique”.

Fumerolles :
On ne peut pas avoir de données épidémiologiques avant d’avoir commencé l’expérience.
A un moment donné il faut avoir le courage d’essayer. Le tabac fait 8 millions de morts par an, attendre encore est une perte d’opportunité énorme.
La vape existe depuis 2003, les iQos depuis 2015. On a donc des données.
Par exemple au Japon où le tabac chauffé s’est largement répandu :

  • La prévalence totale de l’usage de nicotine (cigarettes + HTP + autres) n’a pas augmenté
  • Les ventes de cigarettes ont été divisées par deux en 10 ans

Autre exemple bien connu, la Suède est le premier pays au monde à avoir atteint l’objectif “smoke free” de l’OMS avec ~4.8% de fumeurs. La Suède n’est pourtant pas le pays le plus strict au monde concernant l’application de la CCLAT, en revanche ils disposent de snus (tabac à usage oral à faible teneur en nitrosamines), ce qui est une exception en Europe.
En Suède non plus, malgré le snus, les nicotines pouches et la vape, la prévalence totale de l’usage de nicotine n’a pas augmenté. La consommation de nicotine s’est simplement fragmentées en différents usages.
Conclusion de Fumerolles : Selon les données épidémiologiques, il n’y a pas de risque que les produits nicotiniques dits “à risque réduit” détériorent la santé publique : L’usage global de nicotine n’augmente pas à cause de la présence de produits moins risqués, par contre la quantité de toxiques délivrés diminue. La réduction des risques tabagiques est donc bien réel, cela représente donc potentiellement un gain net de santé publique.

Critique légitime du financement industriel des études

Perplexity :
L’article pointe un problème réel et bien documenté : une part importante des données utilisées pour affirmer que les PTC sont « 95% moins nocifs » provient d’études financées ou produites par l’industrie du tabac

Fumerolles :
Certaines données indépendantes existent également, comme celle ci.
En général les études indépendantes indiquent

  • Que le tabac chauffé délivre une concentration plus faible de substances toxiques par rapport aux clopes
  • Que certaines de ces substances toxiques sont dangereuses à n’importe quelle dose
  • Que les deux types de produits délivrent des familles de toxiques similaires
  • Que même si l’exposition à certains toxiques est plus faible avec le tabac chauffé, on ne peut pas en déduire un risque réduit de façon fiable

En clair le tabac chauffé délivre à peu près les même produits toxiques mais en plus faible quantité, on ne sait pas encore si cela va se traduire par des risques moindres.
Nous attendons avec impatience les premiers retours épidémiologiques du Japon, où le tabac chauffé a remplacé environ la moitié des cigarettes. Pour le moment on ne dispose que de signes précoces qui pourraient indiquer, sous réserve de plus de données, que le passage au tabac chauffé diminue le risque d’AVC. Concernant les risques de cancer, le délais est encore trop court.

A propos du conflit d’intérêt, c’est un point central, Fumerolles constate que AT-Suisse a une orientation clairement engagée contre la réduction des risques tabagiques. Ils ne sont pas mesurés dans leur propos, ils nient tout simplement les nuances et sont extrême dans leur propos. La conséquence est qu’ils s’attaquent à toute forme de nicotine non médicalisée et ont perdu de vue l’objectif de santé publique pour partir en guerre contre la nicotine et les industries du tabac et de la nicotine. Par exemple AT-Suisse n’a jamais cité la revue Cochrane sur la vape, sans doute parce que les conclusions de cet institut va à l’encontre des convictions d’AT-Suisse. En cherchant comment une équipe de scientifique peut perdre la mesure et devenir militants pour une cause que les faits et l’état actuel de la science ne soutient pas, je suis tombé sur cet article. Cela pourrait démontrer que les gens ne rejettent pas la science parce qu’ils sont «moins rationnels», mais parce que certains faits menacent des intérêts matériels (intérêts financiers, pots de vins) ou des valeurs centrales (croyances, convictions politiques ou autre).
Dans un contexte donné (ex. États-Unis, climat), un camp va stratégiquement construire un récit de doute pour protéger ses intérêts et son identité. Ce récit est ensuite repris par les médias et les élus, en particulier lorsque ce “camp” inclus des organismes officiels tel que l’OMS.
Un conflit d’intérêt n’est donc pas uniquement financier, il peut également être idéologique. AT-Suisse a sans-doute un sérieux conflit d’intérêt idéologique avec la réduction des risques tabagiques.

Conflation entre tabac chauffé et cigarette électronique

Perplexity :
L’article glisse parfois entre PTC (tabac chauffé, ex. IQOS) et cigarette électronique (vape), en parlant de « 95% » pour les deux comme s’il s’agissait du même type de produit et des mêmes preuves
Or, la littérature scientifique et les positions institutionnelles distinguent souvent :

  • les PTC (tabac chauffé, avec combustion partielle ou pyrolyse contrôlée) ;
  • les e‑cigarettes (liquides à base de propylène glycol/glycérine, sans tabac)

Fumerolles :
Je suis d’accord sur ce point avec Perplexity. C’est une tactique classique de glissement, un sophisme de déshonneur par association

Usage d’un ton très catégorique sans nuancer les incertitudes

Perplexity :
L’article affirme notamment :

  • «Les produits du tabac chauffé ne constituent pas une alternative plus sûre à la cigarette»
  • «Il n’existe aucune preuve que les PTC aident à l’arrêt du tabac.»

Ces formulations sont très fortes. Or, les documents scientifiques et position papers cités ailleurs disent plutôt :

  • «Il n’est pas démontré à ce jour que les PTC réduisent le risque à long terme»
  • «Les preuves sont insuffisantes pour les considérer comme une aide au sevrage.»

La différence est importante :

  • «Il n’est pas démontré» = absence de preuve suffisante (état actuel des connaissances)
  • «Il n’existe aucune preuve» = affirmation d’une négation absolue, plus difficile à soutenir logiquement, surtout dans un domaine où la recherche évolue rapidement.

Une formulation plus prudente (« aucune preuve robuste et indépendante à ce jour ») aurait été plus fidèle à l’état de la science et plus difficile à contester.

Fumerolles :
Perplexity relève également que AT-Suisse s’exprime de manière trop affirmative, gommant toutes les nuances. Cela va dans le même sens que mon opinion personnelle : AT-Suisse n’est pas objective et ne peut pas l’être, elle a trop de conflit d’intérêt idéologique pour faire la part des choses. Ils ont également tendance à ne considérer que les faits ou études qui les arrange, par exemple en “oubliant” le cas du Japon où le tabac chauffé a remplacé environ la moitié des cigarettes vendues, avec une forte augmentation de gens ayant cessé de fumer. Bien que cet exemple ne soit pas systématiquement reproductible, il constitue tout de même la preuve que “dans un certain contexte”, le tabac chauffé permet à une part mesurable de la population d’arrêter de fumer des cigarettes traditionnelles.

Absence de discussion sur la notion de « moindre risque relatif »

Perplexity :
L’article rejette globalement l’idée que les PTC puissent être « moins nocifs » que les cigarettes, en insistant sur le fait qu’ils restent nocifs et cancérigènes.

Cependant, la question centrale en santé publique n’est pas seulement « est-ce nocif ? » mais « est-ce moins nocif que l’alternative réelle des fumeurs ? » et « quel est l’effet net sur la population ? ».
[…]
L’article ne développe pas cette nuance, ce qui donne l’impression d’un rejet binaire : soit « réduction des risques » (rejetée comme mythe), soit « danger absolu » (affirmé). En réalité, la situation est plus graduelle :

  • risque élevé pour les cigarettes ;
  • risque probablement élevé aussi pour les PTC, mais avec un profil d’émissions différent ;
  • incertitude sur l’impact clinique à long terme.

Fumerolles :
Ce que reporte Perplexity est d’autant plus vrais pour la vape, que AT-Suisse amalgame sans en développer les détails dans cet article. Je me répète, c’est un cas classique du sophisme de déshonneur par association. AT-Suisse semble haïr la vape et ne peut s’empêcher de la critiquer même lorsque le sujet est le tabac chauffé. AT-Suisse ne distingue du reste pas non plus l’industrie du tabac, dont on connait bien les crimes, et l’industrie de la vape qui elle est souvent indépendante de l’industrie du tabac. Souvent les sociétés du secteur ont été fondée par d’anciens fumeurs ayant quitté le tabac grâce à la vape.

Positionnement par rapport aux sources institutionnelles

Perplexity :
Les positions des organisations suisses de santé et de prévention (AT Schweiz et partenaires) sont bien alignées avec :

  • l’OMS et l’ISS, qui appellent à la prudence et soulignent l’absence de preuves de long terme ;
  • l’ERS et l’ESC, qui insistent sur la toxicité cardiovasculaire et respiratoire de tous les produits nicotiniques et sur le manque d’études indépendantes.

L’article reprend fidèlement ce discours institutionnel, ce qui renforce sa crédibilité dans le champ de la prévention du tabagisme.
En revanche, il ne discute pas les positions plus favorables à la réduction des risques nicotiniques (ex. certaines agences britanniques ou associations de vapoteurs), ce qui aurait permis de montrer qu’il existe un débat et d’expliquer pourquoi AT Schweiz prend position contre l’usage du concept pour les PTC

Fumerolles :
J’ai choisi cet article entre autre chose parce que c’est la position officielle de la faîtière anti-tabac Suisse. Cependant ce n’est effectivement pas un cas isolé, l’OMS en tête mais également de nombreuses autres organisations de santé tiennent ce type de discours engagé anti-nicotine, dénué de nuance ou de quantification. Le principe même de la réduction des risques repose sur la constatation des risques existes et sur un objectif de réduction des méfaits (et non de suppression par l’abstinence uniquement). AT-Suisse nie donc, en clair, la notion de réduction des risques.
On peut résumer le principe de réduction des risques tabagiques ainsi :

  • Le mieux est de ne pas consommer de nicotine
  • Si on consomme de la nicotine, le mieux est d’arrêter
  • Si on ne peut pas ou ne veux pas cesser de consommer de la nicotine, alors il est préférable de la consommer sous une forme la moins toxique possible

On peut ajouter ici que si le tabac chauffé est strictement un produit de THR (substitution, ou tobacco harm reduction) la vape, elle, est également un outil d’arrêt du tabac ET de la nicotine, la vape permettant de se sevrer par une réduction lente et régulière du dosage de nicotine.

Avec la vape, les deux stratégies coexistent : Substitution par un produit moins toxique ET sevrage nicotinique puis abstinence. Certaines organisations telle que la société francophone de tabacologie n’envisage la vape que comme un outil d’arrêt de la nicotine, comme elle le fait pour les autres substituts nicotiniques, donc même ces organisations “plus ouvertes à la vape” vont luter contre la notion de réduction des risques que représente le snus et le tabac chauffé.

On assiste aussi à un glissement sémantique où la lute contre le tabagisme s’est mué en une lute contre l’industrie du tabac dans laquelle l’objectif n’est plus la santé mais une guerre personnelle contre le grand méchant BigT. C’est une vision manichéenne dans laquelle le grand Satan (bigT) ne peux en aucun cas faire une chose positive. Cela permet à ces organisation de se positionner comme les “gentils” face aux méchants cigarettiers. Si on reprend le cas de la Suède on constate pourtant que le snus, qui contient du tabac, a permis de réduire les risques sanitaires liées au tabac. Selon moi il est impossible de dire quelle aurait été l’adoption du snus en Europe et en Suisse si ce produit n’avaient pas été interdit, néanmoins parce que les données épidémiologiques indiquent que le snus n’augmente pas l’usage global de nicotine dans la population, on peut en conclure que son interdiction est une perte d’opportunité
Cet article de smokefreesweden est partisan, il exagère sans doute mais l’idée générale est là : Si le snus a permis à la suède de réduire les dégâts causés par le tabagisme, l’avoir interdit en Europe était une erreur et il serait temps de le reconnaître.
Combien de morts auraient été évités sans la position dogmatique des anti-tabacs ?
Ces anti-tabacs sont-ils vraiment les gentils de l’histoire ?

Entretient avec perplexity.ai au sujet de la vape

Depuis 2013, je suis convaincu que la vape est un excellent outil pour luter contre le tabagisme, si ce n’est le meilleur. Ce n’est évidement pas le seul. Cependant de nombreux articles de journaux, de nombreuses personnes et organisation sont soit fortement opposées à la vape, soit convaincus que c’est un danger pour la santé publique, soit jugeant que le risque est plus grand que le gain potentiel.

Parmi les plus grands “ennemis” de la vape se trouve l’OMS, nombre d’organisations gouvernementales ou non gouvernementales comme la faîtière Suisse anti-tabac ainsi que des associations médicales tel que l’AHA (american heart association, heart.org). L’intelligence artificielle tend à se baser sur des sources officielles, elle est donc “dans une certaine mesure” la voix de ces anti-vape.

Je reproduis ici une discussion technique que j’ai eu avec perplexity.ai au sujet de la vape.
Cela ne reflète en rien mon opinion personnel mais constitue, de manière imparfaite, une sorte d’état des lieux du débat sur la vape.

Quels sont les dangers de la cigarette électronique ?
Comparaison avec l’abstinence, avec le tabagisme, avec le snus et avec l’usage de substituts agréés (patches, gommes, …)
Avec les sources

La cigarette électronique n’est pas sans danger. Pour une personne qui ne fume pas, l’abstinence de nicotine et de tabac est de loin l’option la moins nocive ; pour un fumeur qui remplace entièrement la cigarette combustible par une vape réglementée, elle est vraisemblablement nettement moins nocive que continuer à fumer, mais reste moins favorable que l’arrêt complet, et sa sécurité à très long terme est incomplètement connue.[bag.admin][nhs]

Réponse courte

Hiérarchie pratique des risques, à produits légaux/réglementés comparables et en usage durable :

  1. Abstinence de tabac et de nicotine : risque le plus bas.
  2. Substituts nicotiniques agréés — patchs, gommes, pastilles, spray, inhaleur : très faible risque relatif ; ils évitent fumée, combustion et inhalation chronique d’aérosols.[nhs][eput.nhs]
  3. Cigarette électronique nicotinée : exposition à des substances irritantes/toxiques et maintien possible de dépendance ; probablement bien moins nocive que fumer, mais davantage risquée que les substituts médicaux et l’abstinence.[bag.admin][nhs]
  4. Snus / tabac oral : pas de combustion ni de fumée pulmonaire, mais exposition au tabac et à des nitrosamines cancérogènes, dépendance et problèmes bucco-dentaires ; il n’est pas un produit anodin.[cdc][stacks.cdc]
  5. Cigarette combustible : de très loin le produit le plus nocif parmi ceux cités, du fait de la combustion, de la fumée et de l’exposition massive aux toxiques et cancérogènes.

Cette échelle ne signifie pas que le snus et la vape soient interchangeables, ni qu’on puisse attribuer un pourcentage précis et universel de risque : les données de long terme, les profils de produits, les doses et le double usage changent fortement le bilan.

Dangers de la vape

Dépendance et nicotine

  • La nicotine est fortement addictive. Avec une vape, on peut maintenir ou accroître une dépendance, notamment avec des sels de nicotine et des dispositifs délivrant rapidement de fortes doses.
  • Chez les adolescents, la nicotine peut perturber le développement cérébral ; pendant la grossesse, elle peut nuire au développement fœtal. Ces produits doivent donc être évités par les jeunes, les non-fumeurs et les femmes enceintes.[bag.admin][who]
  • La dépendance a aussi des effets pratiques : manque, irritabilité, anxiété, troubles du sommeil ou de la concentration lorsque l’apport cesse.[transformationpartners.nhs]

Respiration et voies aériennes

Une vape ne produit pas de fumée de combustion, mais un aérosol inhalé. Celui-ci peut contenir nicotine, particules, composés carbonylés tels que formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine, métaux — nickel, chrome, étain, plomb — ainsi que des arômes qui ne sont pas nécessairement sûrs une fois chauffés et inhalés.[who]

Les effets fréquents à court terme comprennent :

  • Toux, gorge ou bouche sèche, irritation buccale et pharyngée.
  • Essoufflement, maux de tête, nausées ou vertiges.
  • Possible aggravation de symptômes respiratoires, notamment chez certaines personnes asthmatiques.[nhs][stor.scot.nhs]

L’OFSP indique que les connaissances actuelles relient ces produits à une hausse du risque de maladies pulmonaires et cardiovasculaires, tout en soulignant que les conséquences après des décennies d’utilisation restent encore peu connues.[bag.admin]

Cœur et vaisseaux

La nicotine peut augmenter transitoirement la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Les aérosols peuvent aussi contribuer à des effets vasculaires et inflammatoires ; c’est l’un des motifs pour lesquels « moins nocif que fumer » ne veut pas dire « sain ».[bag.admin][cdn.who]

Pour une personne qui ne fume pas, commencer à vapoter crée donc un risque cardio-respiratoire et de dépendance sans le bénéfice potentiel de sortir du tabagisme.

Accidents et qualité des produits

  • Les e-liquides concentrés peuvent être toxiques en cas d’ingestion ou de contact accidentel, particulièrement chez les enfants.
  • Des brûlures, blessures et rares incidents liés à des batteries/dysfonctionnements existent.
  • Les produits du marché ne sont pas équivalents : dosage réel en nicotine, contaminants, résistances chauffantes, arômes et fabrication influencent l’exposition. L’OFSP relève qu’un nombre important d’e-cigarettes présentes sur le marché suisse ne répondent pas aux exigences légales.[bag.admin][who]

Le syndrome EVALI, qui a provoqué des atteintes pulmonaires aiguës graves surtout aux États-Unis en 2019, a été principalement associé à des liquides au THC contenant de l’acétate de vitamine E, plutôt qu’aux e-liquides nicotinés réglementés. Cela ne rend pas la vape nicotinée sans risque, mais évite d’attribuer indistinctement ces épisodes à tous les dispositifs.[stor.scot.nhs]

Comparaison détaillée

OptionExposition principaleBilan sanitaire relatifPlace raisonnable
AbstinenceAucune nicotine, aucun tabac, aucun aérosolRéférence la plus sûreObjectif final préférable
Patchs, gommes, pastilles, spray agréésNicotine dosée, sans fumée ni aérosol pulmonaireRisques généralement faibles ; effets indésirables surtout locaux ou digestifs selon le produitPremier choix médical classique pour arrêter
Vape nicotinée réglementéeNicotine + aérosol de solvants, arômes, particules et toxiques variablesMoins toxique que la cigarette, mais non bénigne et incertitude à long termeOption de réduction des risques si elle remplace totalement le tabac
Snus / tabac oralNicotine + constituants du tabac, dont nitrosaminesÉvite la fumée et les dommages pulmonaires de combustion, mais entretient dépendance et expose à risques oraux/cancérogènesPas un traitement de sevrage agréé ; ne pas le présenter comme sans risque
Cigarette combustibleFumée de combustion, goudrons, monoxyde de carbone, milliers de composésRisque le plus élevé : cancers, maladies cardiovasculaires et respiratoires, mortalité prématuréeÀ arrêter dès que possible

Vape versus abstinence

L’abstinence élimine l’exposition à la nicotine et aux substances de l’aérosol. Comparée à elle, la vape ajoute dépendance, irritation des voies aériennes, expositions toxiques et incertitude sur les effets cumulés à long terme. Ainsi, la vape ne devrait pas être initiée par une personne qui ne fume pas.[bag.admin][who]

Vape versus tabagisme

Le point essentiel est la substitution complète. La cigarette brûle du tabac ; cette combustion explique une grande partie de la toxicité et de la mortalité du tabagisme. Une vape expose généralement à moins de toxiques, et à des niveaux plus faibles, qu’une cigarette combustible. Les autorités britanniques et l’OFSP convergent pour dire qu’elle est moins nocive que le tabagisme, sous réserve de l’incertitude à long terme.[bag.admin][nhs]

Mais vapoter tout en continuant de fumer n’apporte pas le même bénéfice. L’OFSP souligne que le double usage cumule les effets nocifs, et que même quelques cigarettes quotidiennes augmentent sensiblement les risques. En pratique : remplacer 20 cigarettes/jour par une vape n’a pas la même portée que fumer 15 cigarettes/jour et vapoter le reste du temps.[bag.admin]

Vape versus snus

Le snus évite l’inhalation et la combustion, ce qui est important pour les maladies respiratoires liées à la fumée. En revanche, c’est un produit du tabac : les produits de tabac oral exposent à des substances cancérogènes, particulièrement les nitrosamines spécifiques au tabac, et sont associés à cancers de la bouche, de l’œsophage et du pancréas, lésions buccales, dépendance, et possiblement à un risque accru de décès cardiovasculaire et d’AVC.[cdc]

La comparaison directe « vape contre snus » est délicate :

  • La vape apporte un risque respiratoire lié à l’aérosol inhalé.
  • Le snus apporte un risque local buccal et une exposition aux constituants du tabac.
  • Les deux entretiennent fréquemment une dépendance à la nicotine.
  • Aucun des deux n’est aussi sûr que ne rien consommer ; aucun n’est, en Suisse, le substitut médicamenteux standard privilégié.

Le « snus » doit aussi être distingué des sachets de nicotine sans tabac : ces derniers peuvent contenir de la nicotine sans les constituants du tabac, mais ne sont pas pour autant sans risque de dépendance, d’effets cardiovasculaires ou de problèmes buccaux. La réponse ci-dessus vise bien le snus contenant du tabac.

Vape versus patchs et gommes

Les substituts nicotiniques agréés sont conçus pour délivrer de la nicotine avec une dose connue, sans tabac, sans combustion et sans aérosol pulmonaire. Le NHS les décrit comme sûrs, éprouvés et exempts des substances dangereuses présentes dans les cigarettes ; les risques de leur usage prolongé restent très inférieurs à ceux du tabagisme.[nhs][eput.nhs]

Ils ont néanmoins des effets indésirables possibles :

  • Patch : irritation cutanée, rêves intenses ou troubles du sommeil chez certaines personnes.
  • Gomme/pastille : irritation buccale, hoquet, nausée, douleurs de mâchoire ou troubles digestifs, surtout si le produit est mâché ou utilisé trop vite.[veterans.smokefree]

Sur l’efficacité d’arrêt, la revue Cochrane récente trouve que les e-cigarettes nicotinées aident davantage d’adultes à arrêter le tabac que les substituts nicotiniques seuls : risque relatif d’arrêt 1,55, soit environ quatre arrêtants supplémentaires pour 100 personnes dans la mise à jour rapportée. Cette donnée concerne l’arrêt du tabac fumé, pas l’absence totale de nicotine, et ne prouve pas que la vape soit plus sûre que les patchs ou gommes.[pubmed.ncbi.nlm.nih][cochrane]

Autrement dit : une vape peut parfois être plus efficace pour sortir de la cigarette, notamment parce qu’elle reproduit le geste, l’inhalation et une délivrance de nicotine rapide. Mais si l’objectif est la solution la plus propre sur le plan sanitaire, les substituts agréés — idéalement associés à un accompagnement — ont un profil de sécurité plus établi.

Choix pratique

//Note : la suite est longue, l’auteur (Fumerolles / Nicolas) a décidé de couper la suite. Vous pouvez utiliser Perplexitx.ai ou une autre IA pour avoir plus de détail//

Une stratégie cohérente peut être :

  1. Choisir d’abord un arrêt avec accompagnement et substituts nicotiniques agréés, éventuellement combinés — par exemple patch pour le fond + gomme/pastille pour les envies aiguës — après conseil d’un professionnel.
  2. Si cela échoue ou ne convient pas, une e-cigarette nicotinée réglementée peut constituer une réduction des risques si elle entraîne le remplacement complet, pas partiel, des cigarettes.
  3. Éviter le double usage prolongé.
  4. Choisir des e-liquides de provenance fiable, éviter les liquides artisanaux ou non conformes, ne pas modifier soi-même les résistances/liquides, et conserver les flacons hors d’atteinte des enfants.
  5. Prévoir dès le départ un plan de réduction de la nicotine et une date de réévaluation, afin que la vape reste un outil de transition plutôt qu’une dépendance durable.

En Suisse, l’OFSP déconseille la vape aux non-fumeurs, mais reconnaît qu’elle peut être une alternative pour les personnes qui fument et ne peuvent ou ne souhaitent pas cesser immédiatement ; il précise aussi qu’elle n’est pas une aide au sevrage évaluée médicalement.[bag.admin]

//Note de Fumerolles / Nicolas : le point 5. “Prévoir dès le départ un plan de réduction de la nicotine” n’est pas la recommandation des professionnels de la vape. On recommande généralement d’attendre 2 à 3 mois sans aucune cigarettes avant d’attaquer la réduction de la nicotine, puis une baisse “à la carte”, en douceur, avec pour objectif principal de ne pas recommencer à fumer//

La vape est-elle un outils d’aide au sevrage tabagique efficace ?

Oui : chez les adultes qui fument, une cigarette électronique contenant de la nicotine est un outil efficace pour arrêter le tabac fumé, à condition qu’elle serve à un remplacement complet des cigarettes et non à un usage parallèle prolongé. Les meilleures données disponibles montrent qu’elle augmente les chances de maintien de l’abstinence tabagique pendant au moins six mois, y compris par rapport aux patchs, gommes et autres substituts nicotiniques.[cochrane]

Ce que montrent les études

La revue systématique vivante Cochrane, actualisée en août 2026, conclut avec un niveau de certitude élevé que les e-cigarettes avec nicotine augmentent les taux d’arrêt du tabac par rapport aux traitements substitutifs nicotiniques — patchs, gommes, pastilles, sprays, etc.[cochrane]

Concrètement, sur 100 fumeurs utilisant une vape nicotinée dans une démarche d’arrêt :

  • Environ 8 à 10 cesseraient de fumer durablement pendant au moins six mois.
  • Avec des substituts nicotiniques classiques, ce serait environ 6 sur 100.
  • Avec une e-cigarette sans nicotine, environ 6 sur 100.
  • Sans aide spécifique ou avec le seul soutien comportemental, environ 5 sur 100.[cochrane]

Dans la comparaison directe avec les substituts nicotiniques, le risque relatif d’arrêt était de 1{,}59 : les participants assignés à une e-cigarette nicotinée avaient donc environ 59% plus de chances d’être abstinents du tabac à six mois ou plus. L’effet absolu reste toutefois modeste : environ quatre arrêts supplémentaires pour 100 personnes.[cochrane][pharmaceutical-journal]

Pourquoi elle peut aider

La vape peut être plus utile que le patch ou la gomme pour certaines personnes parce qu’elle traite deux dimensions de la dépendance :

  • La nicotine, délivrée plus rapidement qu’avec un patch et adaptable aux envies aiguës.
  • Les habitudes comportementales : geste main-bouche, inhalation, pauses, sensation en gorge et routines associées à la cigarette.
  • La transition graduelle : on peut commencer par remplacer toutes les cigarettes, puis réduire le taux de nicotine et la fréquence d’usage.

C’est surtout pertinent pour les fumeurs qui ont déjà essayé les substituts conventionnels sans succès, ou qui redoutent fortement la perte du rituel de fumer.

Conditions pour que cela fonctionne

Le bénéfice dépend principalement du fait de passer de la cigarette à la vape de manière complète.

SituationIntérêt pour le sevrage tabagique
Arrêt complet des cigarettes, vape nicotinée temporaireBon scénario de réduction des risques et d’arrêt du tabac
Vape + arrêt programmé de la nicotineObjectif le plus favorable à terme
Vape tout en fumant occasionnellementGain probablement limité ; le risque lié même à quelques cigarettes persiste
Vape sans nicotine dès le départMoins bien étayée pour l’arrêt, car elle ne traite pas suffisamment le manque nicotinique
Début de vape chez un non-fumeurÀ éviter : il n’y a aucun bénéfice de sevrage et un risque de dépendance

Les essais inclus dans Cochrane portaient sur l’arrêt durable du tabac combustible, pas nécessairement sur l’arrêt total de nicotine. Une personne peut donc avoir réussi son sevrage tabagique tout en continuant à vapoter. C’est un progrès important par rapport au tabagisme, mais l’objectif sanitaire idéal reste d’arrêter aussi la vape et la nicotine lorsque cela devient faisable.[cochrane]

Limites et prudence

Efficace ne veut pas dire inoffensive. La vape expose à la nicotine — addictive — et à un aérosol contenant notamment solvants chauffés, arômes et contaminants variables ; ses conséquences après plusieurs décennies d’usage ne sont pas entièrement établies. Elle est néanmoins considérée comme moins nocive que la poursuite du tabagisme, car elle évite la combustion du tabac.[nhs][bag.admin]

Les données Cochrane ne montrent pas davantage d’événements indésirables graves dans les groupes « vape nicotinée » que dans les groupes sous substituts nicotiniques, mais les événements graves étaient rares et les essais ne permettent pas de trancher les risques à très long terme.[cochrane]

En Suisse, l’OFSP déconseille ces produits aux non-fumeurs et aux jeunes. Pour les fumeurs qui ne parviennent pas à arrêter immédiatement, il reconnaît qu’ils peuvent représenter une alternative à la cigarette ; il rappelle toutefois que les e-cigarettes ne sont pas des médicaments de sevrage évalués et autorisés comme tels.[bag.admin]

En pratique

Si vous envisagez la vape pour arrêter de fumer, la stratégie la plus cohérente est :

  1. Fixer comme cible l’arrêt total de la cigarette, idéalement à une date précise.
  2. Utiliser au début une nicotine suffisante pour ne pas compenser par des cigarettes.
  3. Éviter de maintenir volontairement le double usage pendant des mois.
  4. Une fois sans cigarette de façon stable, diminuer graduellement le dosage et/ou la fréquence de vape.
  5. Associer si possible un soutien — médecin, pharmacien, consultation tabac, ligne d’arrêt — car l’accompagnement comportemental améliore les chances de réussite, quelle que soit la méthode utilisée.

Pour quelqu’un qui réussit déjà avec patch + gomme, ces produits restent très bien établis et généralement préférables sur le plan de la sécurité à long terme. Pour quelqu’un qui reste fumeur malgré ces options, passer complètement à une vape nicotinée réglementée est, d’après les données actuelles, une option de sevrage tabagique crédible et souvent plus efficace.[cochrane][nhs]

A propos de la dangerosité du snus vous citez les nitrosamines du tabac, faisant à mon avis un amalgame avec d’autre formes de tabac oral. Est-ce que je me trompes ?

Vous avez raison de demander cette distinction : ma formulation précédente était trop générale et pouvait laisser entendre que le snus suédois avait le même profil toxicologique que toutes les formes de tabac oral. Ce n’est pas le cas. Mais il serait également inexact de dire qu’il ne contient pas de nitrosamines spécifiques du tabac : il en contient, généralement à des niveaux nettement plus bas que de nombreux tabacs oraux fermentés ou de type moist snuff.

//Note : la suite est longue, l’auteur (Fumerolles / Nicolas) a décidé de couper la suite. Vous pouvez utiliser Perplexitx.ai ou une autre IA pour avoir plus de détail ou trouver les sources//

Qu’en est-il du tabac chauffé (iQos), est-ce plus risqué ou moins risqué que la vape ?
Et quelle est son efficacité dans l’arrêt du tabac ?

L’IQOS et les autres produits de tabac chauffé ne sont pas des vapes : ils chauffent un bâtonnet de vrai tabac, alors qu’une vape chauffe un e-liquide. Pour un fumeur qui passe intégralement d’une cigarette à l’IQOS, l’exposition à plusieurs toxiques diminue probablement ; mais, à l’état actuel des données, son risque sanitaire à long terme est moins bien établi et paraît globalement plus préoccupant que celui d’une vape nicotinée réglementée, tout en restant probablement inférieur à celui de la cigarette combustible.

Surtout, contrairement à la vape nicotinée, il n’existe pas de preuve clinique solide que l’IQOS soit un moyen efficace d’arrêter durablement de fumer.

//Note : la suite est longue, l’auteur (Fumerolles / Nicolas) a décidé de couper la suite. Vous pouvez utiliser Perplexitx.ai ou une autre IA pour avoir plus de détail ou trouver les sources//

Que penser du double usage vape + patches nicotiniques ?

Vape nicotinée + patch peut être une stratégie cohérente de sevrage pour un fumeur adulte, surtout si le patch couvre le manque « de fond » et la vape les envies brusques. Elle ne doit cependant pas être comprise comme une façon d’additionner sans limite la nicotine : il faut viser l’arrêt complet des cigarettes, surveiller les symptômes de surdosage et prévoir une réduction progressive.[sciencedirect][ncsct.co]

Le principe

Le patch délivre de la nicotine de manière lente et relativement stable pendant 16 ou 24 heures. Une vape nicotinée délivre, elle, des doses plus rapides et modulables lors des envies impérieuses — après un repas, avec un café, au travail, en situation de stress, etc.

C’est donc l’équivalent conceptuel d’une combinaison bien établie en sevrage :

\text{patch} + \text{nicotine à action rapide}

Habituellement, le second produit est une gomme, une pastille, un spray buccal ou un inhaleur médical. La vape peut remplir une fonction comparable sur les cravings, tout en aidant certaines personnes sur le geste et les routines associées à la cigarette. Le National Centre for Smoking Cessation and Training britannique estime que substituts nicotiniques et vapes peuvent être combinés, tout en précisant que l’efficacité de cette association est moins documentée que celle de la combinaison patch + produit médical à action rapide.[ncsct.co][ncsct.co]

Efficacité : données disponibles

Les preuves sont encourageantes mais limitées.

Un essai randomisé pragmatique en Nouvelle-Zélande a comparé, chez des fumeurs souhaitant arrêter :

TraitementAbstinence continue confirmée à 6 mois
Patch 21 mg + vape nicotinée7%
Patch 21 mg + vape sans nicotine4%
Patch seul2%

La différence absolue entre « patch + vape nicotinée » et « patch seul » était d’environ 4,6 points de pourcentage. La combinaison a donc montré un bénéfice modeste dans cet essai, mais l’étude n’établit pas avec certitude qu’elle soit supérieure à toutes les autres options, notamment au patch associé à une gomme ou un spray.[sciencedirect]

À côté de cela, l’efficacité de la combinaison patch + substitut nicotinique médical à action rapide est beaucoup mieux établie : une revue Cochrane indique une augmentation d’environ 15 à 36% de la probabilité d’arrêt par rapport à l’usage d’un seul substitut, avec un risque relatif de 1{,}25 dans 14 études totalisant 11 356 participants.[pmc.ncbi.nlm.nih]

La vape nicotinée seule est par ailleurs efficace pour arrêter les cigarettes et surpasse en moyenne les substituts conventionnels dans la revue Cochrane actuelle. Cela rend la combinaison avec patch biologiquement plausible, mais elle ne transforme pas pour autant la vape + patch en traitement officiellement validé au même niveau que les combinaisons de substituts agréés.[cochrane]

Sécurité et dose

Chez une personne habituée au tabac, le risque d’une intoxication grave à la nicotine avec un patch et une vape est faible, mais pas nul. Les essais disponibles n’ont pas mis en évidence de différence statistiquement significative d’événements indésirables graves entre groupes ; les événements graves observés n’étaient pas considérés liés aux traitements. Ils ne répondent toutefois pas à la question de la sécurité après des années d’usage combiné.[sciencedirect]

Réduisez immédiatement la nicotine, retirez le patch si nécessaire et demandez conseil à un professionnel en cas de :

  • Nausées ou vomissements.
  • Vertiges, céphalées inhabituelles, sueurs ou pâleur.
  • Palpitations, tremblements, agitation importante.
  • Douleur thoracique, malaise, essoufflement inhabituel : urgence médicale, sans présumer qu’il s’agit seulement de nicotine.

Le patch peut aussi provoquer une irritation cutanée et, s’il est porté la nuit, des rêves vifs ou un sommeil perturbé. La vape ajoute ses propres effets possibles — gorge sèche ou irritée, toux, maux de tête — indépendamment de la dose de nicotine.

La prudence est particulièrement justifiée en cas de grossesse, d’adolescence, de maladie cardiovasculaire instable ou récente, d’arythmie mal contrôlée, ou d’antécédent de douleur thoracique. Dans ces situations, mieux vaut construire le traitement avec un médecin ou un pharmacien plutôt que d’improviser les dosages.

Comment l’utiliser utilement

L’objectif n’est pas « moins de cigarettes », mais zéro cigarette combustible. Une approche pratique :

  1. Définir une date d’arrêt et utiliser le patch conformément à sa notice ou à l’avis du pharmacien.
  2. Employer la vape nicotinée uniquement en réponse à une envie aiguë, au début avec une concentration assez efficace pour ne pas retourner à la cigarette.
  3. Éviter le vapotage automatique et continu : il rend difficile l’évaluation de la dose totale de nicotine.
  4. Après plusieurs semaines sans cigarette, diminuer d’abord la fréquence de vape ou le dosage de l’e-liquide ; ensuite, réduire le patch selon le schéma prévu.
  5. À terme, retirer le patch puis poursuivre la baisse de nicotine de la vape jusqu’à l’arrêt, ou basculer vers un substitut médical court si cela simplifie la sortie.

Exemple : une personne qui fumait beaucoup peut utiliser un patch quotidien pour supprimer le manque permanent, puis ne vapoter que lors de trois ou quatre moments habituellement associés à une cigarette. Une fois ces routines stabilisées sans tabac, elle diminue la concentration de nicotine de la vape et cesse le patch selon la durée recommandée.

Ce qu’il faut éviter

  • Vape + patch + cigarettes au long cours : c’est souvent un signe que la dose ou la stratégie ne couvre pas suffisamment les envies, ou que les déclencheurs comportementaux ne sont pas traités.
  • Mélanger plusieurs sources de nicotine à fortes doses sans comprendre leur apport respectif : vape puissante, patch, gommes, pouches, etc.
  • Considérer la vape comme un produit sans risque parce que le tabac fumé a été supprimé.
  • Prolonger le patch bien au-delà de la durée prévue sans réévaluation ; un usage prolongé peut être préférable à une rechute tabagique, mais doit être intentionnel et réexaminé avec un professionnel.

En bref : pour sortir des cigarettes, patch + vape peut être acceptable et potentiellement utile, mais les données sont encore modestes. Si votre priorité est la stratégie la mieux validée et la plus prévisible, le standard demeure patch + gomme/pastille/spray nicotinique agréé, avec accompagnement ; si la vape est ce qui vous permet de ne pas fumer, la combinaison peut servir de transition, avec un plan clair de sortie de la nicotine.

La vérité est elle encore une valeur scientifique ?

Cet article est édifiant. Il commence par dire que le public se trompe en croyant que la nicotine est toxique. Implicitement on peut supposer qu’ils admettent que leur employeur, la FDA, est la source de cette confusion, notamment avec sa campagne anti-vape: C’est entre autre la FDA qui a lancé la panique mondiale anti-vape en annonçant une “épidémie de vapotage”, expression effrayante mais fausse, la vape n’étant pas une maladie transmissible et les chiffres ayant été pervertis, l’expérimentation ayant été amalgamée avec la dépendance sans qu’une causalité n’ait été mesurée.
(On passe d’une “épidémie d’expérimentation” à environ 1% de jeunes qui vapotent quotidiennement et qui n’ont jamais fumé. Même si ce 1% est de trop, ça n’est pas suffisant pour la qualification d’épidémie et il est à mettre en balance avec les 5% de baisse de tabagisme chez les jeunes depuis que la vape est arrivée, baisse plus marquée que la moyenne des années précédentes et qui pourrait laisser penser que la vape a ringardisé la clope)

Ce que cette étude déplore, c’est que les mensonges de la FDA, relayée et amplifiée par les media, freine l’adoption des substituts nicotinique. De fait, depuis qu’on dispose d’une truc plus efficace et plus sympa, la vape, les patch sont en perte de vitesse. Il faut dire qu’avant, on avait pas le choix. Forcément, une nouvelle offre stimule mais aussi dilue la demande.

Cet article examine comment le mensonge et la “misperceptions” induisent un comportement positif (selon eux) concernant la vape – donc moins de vapoteurs et moins de tentative d’arrêt du tabac avec la vape – et négatif concernant les substituts (la peur de la vape n’a pas relancé la vente de patch).

On voit donc que la vérité n’est pas la question qui est posée dans cet article. L’information claire et posée de faits avéré, sans parti-pris, n’est pas envisagé. Le mensonge n’est pas un problème, il est même perçu comme une solution.

Nous y sommes : la “prévention”consiste à mentir pour contrôler la population. Et cet article”scientifique” étudie l’efficacité de différents mensonges. La science ment.

ARPV: réponse au rapport SCHEER

SCHEER : Quand la science fait de la politique

Une commission Européenne planche sur une révision de la TPD, la “Tobacco product directive”. Dans ce cadre, le comité scientifique (SCHEER) mandaté pour faire le point sur la vape dérape.

La science n’est pas supposée prendre parti. Pourtant, le rapport du comité scientifique SCHEER nous livre un rapport obscur, conçu pour tromper les décideurs. Dans ce rapport, la commission crée l’embrouille entre solidité des études et degré de toxicité.

Par exemple ce rapport dit : “the overall weight of evidence for risks of long-term systemic effects on the cardiovascular system is strong.” (le poids global des preuves des risques d’effets systémiques à long terme sur le système cardiovasculaire est important) Si vous lisez bien, ce qui est important, c’est la solidité des études scientifiques, pas le risque. Le rapport SCHEER ne quantifie pas le degré de dangerosité. Pourtant si les études sont si solides, cela ne signifie-t-il pas que le risque devrait pouvoir être quantifié ? Seule une volonté politique, laquelle n’a pas de place dans un rapport scientifique, peut expliquer cela.

Cette volonté est nommée le “tobacco endgame”. C’est l’objectif final de la faction dominante du “Tobacco control”. Ils souhaitent en finir avec la dépendance au tabac et donc avec la nicotine. Cet objectif, initialement fondé sur la toxicité du tabac, n’est désormais plus relié à une notion de toxicité. C’est l’idéal d’un monde sans addiction obtenu par des taxes, des contraintes et la manipulation de l’opinion publique pour rendre socialement inacceptable le fait de consommer de la nicotine. Il n’est plus question de la santé publique mais de diaboliser un produit et détruire une industrie.

Prenons par exemple le snus. Il a été interdit en 1992 dans tous les pays d’Europe, sauf en Suède. Les mêmes raisons étaient invoquées à l’époque : Effet passerelle, attire les jeunes, etc …

28 ans plus tard la Suède est le pays qui compte le moins de fumeurs et le moins de cancer des poumons de toute l’Europe. Les raisons invoquées n’étaient que prétexte mais la faction dominante du “tobacco control” continue de refuser sa légalisation.

Dans ce contexte la vape cause un problème car bien qu’elle puisse contenir de la nicotine, elle n’est pas suffisamment toxique pour justifier les mesures coercitives nécessaires à l’achèvement du “tobacco endgame”. Par conséquent, dans le rapport SCHEER, tout est mis en oeuvre pour dramatiser la situation : les risques sont exagérés, sortis du contexte, les normes et recommandations concernant l’exposition de composants toxiques ne sont pas mentionnées et les éléments positifs qui pourraient plaider en faveur de cet outil de réduction des risques tabagiques sont niés ou ignorés. Et bien entendu, les jeunes sont instrumentalisés pour justifier toute mesure jugée utile, par exemple en amalgamant expérimentation et dépendance.

Le travail quotidien des professionnels de la vape est d’aider les fumeurs adultes à cesser de fumer. Chaque jour, nous accueillons des fumeurs en boutique et faisons tout ce qu’il est possible de faire pour les aider à en finir avec les clopes. Et ça marche : Dans tous les pays où la vape s’est démocratisée (USA, UK, FR), la prévalence tabagique diminue, y compris chez les jeunes. Notre mission a une réelle utilité sanitaire, mais notre efficacité est grevée par les attaques incessantes et mensongères des intégristes de la santé publique. Leur prochain objectif est de taxer, interdire les arômes, interdire de vapoter dans les lieux publics, etc … Ces objectifs ne sont pas justifiés par la dangerosité de la vape, ce sont juste les impératifs du “tobacco endgame”.

Références

Le document officiel se trouve ici:

La réponse complète et brut de coffrage de l’ARPV à la commission SCHEER:
https://fumerolles.ch/wp-content/uploads/2020/11/SCHEER_answer.pdf

Vous trouverez une analyse détaillée et éclairée du sujet ici

Pour ce qui est de l’analyse du “Tobacco Endgame” vous pouvez consulter cette page :



Suivis et analyse des “primo-accédants”

La version PDF est disponible ici

Introduction

La vape est un outil d’aide à la cessation tabagique. La qualité de nos conseils est importante dans la démarche d’arrêt. Le choix de l’appareil, de l’arôme et du dosage sont décisifs dans le processus. Mais comment pouvons-nous évaluer l’efficacité de notre travail ? Nous avons constaté un biais d’analyse majeur : Les clients contents reviennent nous voir. A l’inverse un client insatisfait peut soit arrêter la vape, soit aller dans une autre boutique où il va se plaindre du piètre service reçu chez nous. On ne dispose que rarement des retours négatifs et donc on se croit en toute bonne fois excellents. A l’inverse nos confrères nous semblent incompétents car nous avons récupérés certains de leurs clients insatisfaits. Le problème surviens lorsqu’on découvre que chaque boutique, en particulier celles dont nous avons eu des retours catastrophiques, pense également être la meilleure boutique du monde et qu’elle trouve pour ce faire une justification qui n’est pas étayée par des chiffres.

Cela nous amène à une remise en question impossible car ce sont les échecs qui nous permettent de nous améliorer. Quelle est la meilleure approche lorsqu’on souhaite aider un fumeur à passer à la vape ? Chacun voit midi à sa porte.

Pour y voir plus clair la boutique Fumerolles a mis en place un système de suivis de ses clients de manière à récolter non seulement les retours positifs, mais également les retours négatifs. Ce travail n’a pas de prétention scientifique. Nous avons fait de notre mieux mais cela ne remplace en rien une étude indépendante, randomisée et validée. Parmi les limitations de notre travail, il faut mentionner le fait que nous nous basons sur les réponses reçues et que le taux de réponse est de 40% environ. Nous ne savons pas ce qui est arrivé aux 60% de non-répondants. Une autre limitation de cette étude est qu’elle ne s’applique qu’à notre propre façon de travailler, nous ne disposons d’aucune comparaison.

Matériel et Méthode

Nous avons effectué durant un an une procédure « primo » auprès de chaque vapoteur débutant. Au total nous avons collecté une fiche pour 877 fumeurs entre septembre 2018 et septembre 2019. Avec chacune de ces personnes, nous avons remplis un formulaire pour évaluer leur « profil tabagique ». Cela comprenait un questionnaire classique de tabacologie, le « Fagerstrom » ainsi que diverses autres questions destinées à estimer la consommation journalière en nicotine du fumeur. Puis le primo-accédant a effectué une série de tests pour voir quel type d’appareil lui convient le mieux, quel dosage de nicotine il supporte et quels arômes lui conviennent.

  • Lorsque notre “diagnostique” pointait vers une faible dépendance physique, nous avons privilégié le plaisir de vapoter. Typiquement des personnes allumant leur première cigarette plus d’une heure après le lever et qui peuvent passer plusieurs jours sans fumer, par exemple si elles sont malades.
  • Lorsqu’on suspectait une forte dépendance physique, on encourageait le client à choisir un fort dosage de nicotine. Typiquement de gros fumeurs allumant leur première clope du matin moins de 5 minutes après le réveil, ou qui appréhendent l’idée de prendre l’avion en raison de la peur du manque de nicotine.

Après avoir remplis le formulaire, effectué les tests et donné nos conseils la personne choisissait l’appareil, l’arome et le dosage de nicotine librement et nous notions le choix de la personne. En fonction de notre évaluation et du matériel / dosage choisis, nous informions le client de combien de réservoirs correspondait selon nous à leur consommation actuelle de nicotine, le but étant de commencer la vape sans effet de manque. Nous ne conseillons pas de baisser le taux de nicotine avant une période sans aucune cigarette de deux à trois mois. Le choix de baisser la nicotine est propre à chacun et nous assistons le client quel que soit son choix. Il est à noter que l’évaluation de la consommation de nicotine est très imprécise, la façon de fumer influence beaucoup la quantité de nicotine absorbée par cigarettes. Selon certaines études, la quantité de nicotine prise à chaque cigarette peut varier de 1 à 3 mg suivant comment la personne inhale, avec une moyenne de 1.3mg (roullées = le double). Le type de cigarette (légère ou forte) ne changerait en revanche pas significativement la quantité de nicotine inhalée.

Nous pensons utile d’indiquer à chaque client combien de e-liquide correspondrait selon nous à son besoins en nicotine journalier car souvent, le primo-vapoteur se plaint de devoir vapoter “tout le temps”, la vape étant moins efficace qu’une cigarette.

Après un certain temps, au minimum deux semaines mais parfois plus, nous avons envoyé un petit sondage par e-mail à ces personnes pour leur demander si elles étaient parvenues à arrêter de fumer. Nous avons collecté 350 réponses dont voici le résumé.

Résultats et Discussion

L’âge moyen des personnes qui sont venues nous voir est de 37 ans. Un peu plus d’hommes que de femmes font le pas (55% d’hommes contre 45% de femmes).

Le taux de personnes reportant avoir arrêté de fumer selon notre sondage était de 53% (Figure 1).

Figure 1 : Arrêt du tabac

A l’origine, nous avons commencé ce suivi pour savoir quel taux de nicotine est le plus à même d’aider à en finir avec le tabac (Figure 2).

Figure 2 :Cessation tabagique par taux

Il existe un courant de pensée qui recommande de forts dosages sur du matériel “mouth to lung” (MTL). Comme déjà dit, nous conseillons généralement le taux qui nous semble le plus adapté, on ne peut donc en aucun cas appliquer ces résultats en faisant l’impasse sur le “diagnostique vapologique”. Seul un test randomisé permettrait de voir si un type unique de matériel conseillé globalement à tous les primo pourrait être efficace, ce que nous ne souhaitons pas faire car selon nous cela pénaliserait nos clients.

Relation watt-dosage. Pour chaque type de vape, une fourchette de dosage nous semble adapté. Il est impossible de vapoter à un fort taux de nicotine à haut wattage (18mg/ml et 100 watt). Le tableau ci-dessous est à mettre en relation avec le matériel (Figure 3). On recommande de ne pas dépasser 6mg en DL (30W ou plus). De 8 à 13 mg/ml on recommande un tirage medium ( 15 à 25 watt). De 14 à 18mg/ml on propose un tirage MTL (max 14W) et au-delà de 18 il s’agit de sels de nicotine, dans un “POD” car la nicotine “free base” procurerait un hit trop important

Figure 3 : Ventes par tranche de nicotine

Et les fumeurs ? Nous avons regardé comment se passait leur consommation. Parmi les réponses obtenues, la grande majorité sont des vapo-fumeurs (Figure 4). Cela nous fait penser que les personnes ayant abandonné la vape n’ont généralement pas répondu au questionnaire, mais nous n’avons pas d’indices à ce sujet.

Figure 4 : Analyse des échecs

Nous avons regardé le taux de personnes qui ont déclaré avoir arrêté de fumer en fonction de l’âge et du nombre de cigarettes fumées (Figures 5a et 5b). Sans surprise, plus une personne fume est plus il lui est difficile d’arrêter. Les personnes de plus de 50 ans ont plus de difficulté à arrêter que la tranche d’âge de 31 à 49 ans. Une surprise cependant, les moins de 30 ans ont de la peine à cesser de fumer. Parmi les explications possibles, l’insouciance de la jeunesse pourrait faire qu’ils sont moins conscients des méfaits du tabac, qu’ils ont plus de peine à planifier les choses et que leur motivation à l’arrêt est plus faible.

Figures 5a  : Analyse des Succès par âge
Figures 5b : Analyse des Succès par nbre de cigarettes

Ces temps, aux USA, la mode est à l’interdiction des arômes car ils cibleraient spécifiquement les jeunes. Voici quels arômes nos clients ont pris lors de leur premier achat (Figure 6).

Figure 6 : Répartition par types d’arômes

Le dosage choisis change en fonction de l’âge du client. Les jeunes ont globalement plus tendance à préférer la grosse vape en DL, donc des taux de nicotine bas (figure 7). A l’inverse les personnes de plus de 50 ans ne vont choisir un faible dosage que très rarement et généralement que parce que c’est le seul type de vape qu’ils supportent.

Figure 7 : Dosage par tranche d’âge

Et ensuite ?

Nous avons parfois reçu de vives critiques de la part de confrères qui pensent que leur façon de faire est meilleure que la nôtre, que nous devrions travailler comme eux. Si une méthode devait s’avérer plus efficace qu’une autre, il est clair que chaque vendeur-conseil en vaporisateur personnel se devrait de l’adopter, d’autant que la cessation tabagique de chacun de nos clients est la meilleure publicité qui puisse exister: C’est elle qui nous amène, de la bouche d’un vapoteur à l’oreille de fumeurs, de nouveaux clients. Une des tendances en France, celle relayée entre autres par le journal Vap’You, consiste à travailler principalement en MTL à de forts taux de nicotine. A l’inverse en Suisse Romande, la tendance est de travailler avec du matériel à plus haut wattage et un taux de nicotine plus faible. Cependant à notre connaissance ces pratiques sont basées sur l’expérience et des connaissances théoriques de chacun et non sur une étude comparative chiffrée entre diverses méthodes de travail. A quel titre devrions-nous prêter plus de crédit à l’expérience d’un autre professionnel plutôt qu’à notre expérience propre ?

La présente publication a pour but de susciter l’envie d’une collaboration entre différentes boutiques. Nous souhaitons relancer une étude similaire dans un cadre élargis, en collaboration avec d’autres, avec si possible la supervision d’un scientifique de manière à améliorer notre protocole de suivis. Nous pensons que c’est la meilleure manière d’établir une méthodologie légitime et validée.

S’il était possible de définir quelle méthode de travail est optimisée, nous serions ensuite apte à créer une formation spécifique aux assiciations de professionnels suisses, étape cruciale tant pour la satisfaction de nos clients que pour la reconnaissance officielle de notre contribution à la lute contre le tabac.

Fumerolles, Nicolas Michel, le 21 février 2020.
Relecture : Jérémy Boillat


Pourquoi faut-il interdire la vape ?

Au début, le tabac c’était bien. Dans les années 30 on voyait des publicités expliquant que les médecins conseillent de fumer.

Puis on a découvert que fumer tue. Grande découverte. En Suisse, le tabac provoque 9500 décès par an.

Face à ce constat, largement admis par tous le monde, on peut se dire que les gens vont donc arrêter de fumer. Mais non. En Suisse, selon une récente étude de Unisanté, 33% des jeunes à Fribourg fument. C’est con tout de même : On leur dit de ne pas le faire et ils le font quand-même. Face à cette constatation toute personne concernée va devoir se demander pourquoi. Pourquoi fumer si c’est dangereux ? Les réponses ne manquent pas :

  • Fumer est une addiction, un piège. Une fois qu’on commence il est difficile d’arrêter.
  • L’image de la cigarette a été rendue glamour par le cinéma.
  • La publicité incite à fumer.
  • Les fabricants de cigarette utilisent tous les moyens possible pour pousser les gens à fumer.
  • etc …

Fumer c’est mal

Au départ la lute anti-tabac était une question de toxicité, de morbidité. Fumer tue.
Face à l’échec de la lute anti-tabac, fumer est toujours la première cause de mortalité dans le monde après plusieurs décennies de lute, les acteurs de la prévention ont dû pousser le bouchon encore et encore. Ils se sont radicalisés.

Puisque une explication simple ne suffit pas, il faut donc non seulement expliquer au gens que fumer tue, mais il faut également détruire l’image de la cigarette, la rendre négative. Un certain nombre de raisons de fumer ne sont pas prises en compte, comme dans le livre de Allen Carr par exemple, parce que ce serait pas “utile à la cause” :

  • Fumer est un plaisir
  • Fumer est anti-dépresseur et c’est un stabilisateur d’humeur
  • Fumer est un anxiolytique. Les rituels associés sont rassurants
  • Il se pourrait que fumer soit un auto-traitement pour certaines personnes
  • Fumer donne prétexte à une pause, c’est souvent une petite “récompense”
  • Fumer est parfois un acte social
  • Demander une clope ou du feu est une façon d’aborder les gens
  • Fumer rythme la journée, la ponctue
  • La nicotine est un neuro-protecteur
  • etc …

Pour aider les gens, il ne faut pas leur dire toute la vérité. C’est le début du mensonge. Une partie fondamentale de la lutte anti-tabac consiste à se battre contre des idées, contres la perception des gens. Il faut les manipuler, les influencer, changer les comportements. Il faut être sournois car face à la morbidité du tabac, tous les coups sont permis.

La lute anti-tabac n’est plus une lute pour la santé des gens, mais c’est devenu une question de principe, de morale. Pour les acteurs de la prévention, la lute ne s’arrête pas à la toxicité puisque leur objectif est de changer le comportement de la population. Il s’agit d’inculquer de nouvelles valeurs. Il faut redéfinir ce qui est bien et ce qui est mal. La première règle pour convaincre les gens est d’être convaincu sois-même par chaque aspect du discours à tenir.

  • L’OMS recommande de surveiller et de contrer l’industrie du tabac. BigT, c’est les méchants. On ne lute pas seulement contre le produit, mais aussi contre les gens qui le fabriquent et qui le vendent.
  • Pour luter contre la dépendance comportementale, il faut interdire de fumer autant que possible, restreindre les circonstances durant lesquelles on peut être tenté de fumer.
  • Pour luter contre la dépendance psychologique, il faut diaboliser cette dépendance. On va donc y opposer la notion de liberté.
  • Il faut agir bien entendu sur le prix
  • Il faut “dé-normaliser” l’acte de fumer, rendre ce geste honteux, vil, faible
  • etc …

Et la vape ?

La vape propose de continuer à consommer de la nicotine, de continuer à avoir le plaisir de “fumer”, de continuer à se “soigner”, de continuer à faire tout ce qui a été diabolisé mais en supprimant la morbidité inhérente au tabac. Comme tout acteur de la prévention s’est préalablement convaincu lui-même que “fumer c’est mal”, “la dépendance c’est mal”, “la nicotine c’est mal”, la vape est inacceptable.

Ce qui justifie la lute anti-tabac, ce qui constitue la raison de vivre des milieux de prévention, c’est la morbidité du tabac. Le tabac tue donc on a le droit de mentir, de manipuler, de taxer, d’interdire. C’est pour le bien de la santé publique. Si le fait de “fumer” (vapoter en fait) ne tue plus, cela prive les acteurs de la lute anti-tabac de leur raison de vivre. Il faut donc à tout prix que la vape soit toxique. Comme le disait l’OMS, la vape est indiscutablement toxique même si on manque de preuves. Actuellement on constate que les milieux anti-tabac Suisse adoptent le comportement suivant. On admet à minima quelques évidences scientifiques :

  • La vape peut être une aide à la cessation tabagique
  • La vape est moins dangereuse que le tabac
  • La vape est un moyen populaire d’arrêter de fumer

Mais on n’accepte pas pour autant que la vape remplace le tabac :

  • La vape ne doit pas être recommandée par les médecins
  • La vape n’est pas un “medical device”, elle est donc dangereuse.
  • Le vapotage ne doit pas devenir un comportement positif ou acceptable (ne pas re-normaliser l’acte de fumer, comme si vapoter et fumer étaient la même chose)
  • La nicotine est dangereuse lorsqu’elle est vapotée mais elle ne l’est pas dans le cas de l’usage de traitements approuvés par Swiss Medic.
  • La vape peut éventuellement être utilisée durant une courte durée dans le but exclusif d’un arrêt tabagique total. Ensuite il faut arrêter de vapoter.
  • Il faut limiter l’attrait de la vape auprès des jeunes car la dépendance c’est mal et que la protection de la jeunesse, c’est vendeur.
  • Il faut maintenir coûte que coûte l’idée selon laquelle la vape est toxique, sans jamais donner d’échelle. Lorsque des pro-vape donne une échelle, la stratégie du doute est la meilleure réponse.
  • Contrairement à tout autre nouveau produit où l’on admet qu’il est possible d’évaluer la toxicité en se basant sur diverses études, il faut dire qu’on a pas de recul et nier le fait que actuellement, la science permet de déduire se qui arrivera à long terme.
  • Il faut employer chaque corrélation comme une preuve de causalité
  • Il est légitime d’invoquer tous les arguments flou, indémontrables ou irréalistes tels que l’effet passerelle ou l’idée selon laquelle les arômes s’adressent aux jeunes
  • Il faut oublier la morbidité du tabac. Consommer de la nicotine est mal parce que c’est mal. Parce que la dépendance c’est mal.
  • Il ne faut pas prendre en considération les vies qu’on pourrait sauver, il faut uniquement se concentrer sur la protection des mineurs, en faisant abstraction du fait qu’ils sont nombreux à fumer
  • Il faut nier le fait que la vape puisse ringardiser la clope. Il faut au contraire prétendre qu’un nouveau produit conduit à utiliser l’ancien, tout comme les CD ont stimulé le marché du vinyle ou comme la photo numérique a stimulé la vente d’argentique. (ah non, ça il faut pas le dire, ça mettrait la puce à l’oreille)
  • Il faut assimiler expérimentation et dépendance
  • Il faut assimiler la vape au tabac

Voilà, en bref, les milieux anti-tabac ne peuvent pas accepter que la vape remplace le tabac car en dehors de toute considération de santé, elle détruit leur paradigme.
Il faut donc interdire la vape pour sauver les anti-tabacs.

Santé VS Moralité

Une loi vient d’être votée à Genève. Cette loi amalgame vape et tabac, elle interdira toute publicité qui pourrait inciter les fumeurs à passer à la vape et interdira le “diagnostique” que les boutiques de vape pratiquent pour aider les fumeurs à arrêter de fumer.

Cette loi aura des effets positifs : Elle interdira la vente de tabac au mineurs car à Genève, jusqu’à ce jour un enfant pouvait acheter son paquet de clopes en toute légalité.
Cependant il me semble clair que ce qui a motivé cette loi n’est pas la protection contre le tabagisme puisqu’elle a été proposée suite à la légalisation de la vente de e-liquides contenant de la nicotine. C’est donc selon moi une loi anti-vape déguisée en loi anti-tabac.

En matière de santé publique, il devrait être question de santé.
L’interdiction de vapoter dans les lieux publics a été justifiée par le principe de précautions. Selon wikipedia, trois principes spécifiques devraient guider le recours au principe de précaution :

  • la mise en œuvre du principe devrait être fondée sur une évaluation scientifique aussi complète que possible. Cette évaluation devrait, dans la mesure du possible, déterminer à chaque étape le degré d’incertitude scientifique ;
  • toute décision d’agir ou de ne pas agir en vertu du principe de précaution devrait être précédée par une évaluation du risque et des conséquences potentielles de l’absence d’action ;
  • dès que les résultats de l’évaluation scientifique ou de l’évaluation du risque sont disponibles, toutes les parties intéressées devraient avoir la possibilité de participer à l’étude des diverses actions envisageables.

Outre ces principes spécifiques, les principes généraux d’une bonne gestion des risques restent applicables lorsque le principe de précaution est invoqué. Il s’agit des cinq principes suivants :

  • la proportionnalité entre les mesures prises et le niveau de protection recherché ;
  • la non-discrimination dans l’application des mesures ;
  • la cohérence des mesures avec celles déjà prises dans des situations similaires ;
  • l’examen des avantages et des charges résultant de l’action ou de l’absence d’action ;
  • le réexamen des mesures à la lumière de l’évolution des connaissances scientifique (principe révisable).

Dans le cas de la loi genevoise, l’évaluation scientifique a consisté à interroger le médecin cantonal ainsi que le Dr. Humair. Les politiques ont suivis les conseils des deux spécialistes interrogés et de ce point de vue ils ont fait leur job. Le médecin cantonal n’est pas un spécialiste de la vape et son discours me m’a pas impressionné par une connaissance particulière du sujet, ce que je comprend très bien. La désinformation en matière de vape est telle qu’il faut vraiment être pointu dans l’analyse du sujet et ce n’est pas son domaine. En revanche il est étonnant que le Dr Humair tienne également à interdire aux boutiques de vape la possibilité de faire leur travail. A ma connaissance il ne s’est pas exprimé sur ce sujet. Dans les deux cas, l’évaluation scientifique n’a pas été citée précisément. Ils se sont sans-doute basé sur le Swiss-Vap Study, qui remonte à 2014. La recherche sur la vape ayant commencé sérieusement en 2013, il conviendrait de mettre à jour ces données. Pour l’heure la position officielle ne semble pas avoir fait l’objet de changements.

Ce que dit le SwissVap Study :
5.2.3 Use
The risk for the renormalization of smoking, as well as the currently unknown effects of passive vaping, motivated the experts to recommend that e-cigs should be banned from closed public places
.

A ceci je souhaite répondre :

  • Les boutiques de vape sont dédiées aux fumeurs et aux vapoteurs. Il n’y a donc pas un risque prépondérant d’exposition des non fumeurs dans une boutique de vape.
  • Cette loi interdira également aux médecins, tabacologues et autres centres anti-tabac de tester la vape en tant que méthode de cessation tabagique.
  • La vape ne peut pas re-normaliser le tabagisme car elle n’est pas du tabac. Un nouveau produit n’a généralement pas pour effet de relancer la consommation d’un ancien produit. Un nouveau produit va au contraire généralement remplacer l’ancien. (CD vs vinyle et photo numérique vs argentique sont deux exemples). Elle peut en revanche faire en sorte que la cessation tabagique devienne “tendance”.
  • Depuis 2014, un certain nombre de nouvelles études sur le “vapotage passif” ont été publiées, notamment plusieurs méta-analyses. Les risques du vapotage passif ne sont donc pas inconnus et il est abusif d’invoquer le principe de précaution lorsqu’on dispose des connaissances nécessaires.
  • Dans aucun cas, lorsqu’un nouveau médicament arrive sur le marché, l’autorité ne demande 50 ans de recul. Pour évaluer le risque à long terme, on va généralement le “deviner” en étudiant la toxicité du produit.
  • Cette interdiction va à l’encontre des droits de l’homme et du citoyen dont l’article 4 dit : La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui . Si on considère que le vapotage passif n’est pas toxique, c’est à dire que les émissions que cela induit ne sont pas en dessus des normes admises, (ce que disent les études scientifiques publiées à ce jour sur le sujet) alors l’interdiction de vapoter dans les lieux publics est une interdiction comportementale. Cela revient à interdire un geste, et ce n’est pas admissible dans un pays qui tend à respecter la liberté individuelle.
  • Le principe de proportionnalité n’a pas été respecté.
  • La non-discrimination n’a pas été respectée
  • L’examen des avantages et des charges n’a pas été exposé
  • Les mesures de ré-exemen n’ont pas été évoquées.

D’une manière générale on constate un “glissement” de la lute anti-tabac vers une lute anti-nicotine. Le problème n’est plus la morbidité du tabac, mais la dépendance. Pour luter contre le tabac, voyant qu’une explication cohérente des risques ne suffit pas à faire décrocher toutes les personnes dépendantes, voyant que la cigarette est extrêmement addictive et que malgré l’encadrement de tabacologue, nombre de fumeurs sont incapables de cesser de fumer, parfois même lorsque leur vie en dépend, voyant que la prévalence tabagique stagne, les anti-tabac en sont venu à penser qu’il faut “dénormaliser” l’acte de fumer. Ainsi, ils lutent contre l’image glamour de la cigarette.

De l’art de manipuler les statistiques

Suite à la lecture d’un article intitulé :
TO QUIT OR TO START? THE EFFECT OF E-CIGARETTES USE ON SMOKING TRADITIONAL CIGARETTES AMONG YOUNG PEOPLE IN SWITZERLAND
signé par Diane Auderset, Yara Barrense-Dias, Christina Akre et Joan-Carles Suris, je me permet de poster ici quelques citations et commentaires.

Cette étude analyse les chiffres de deux autres études nommées “GenerationFRee survey” qui se sont déroulées entre 2015 et 2017 et qui analysent “La problématique des jeux d’argent chez les adolescents du canton de Fribourg.

Conclusions: The vast majority of youths used ECs “to try”, suggesting that the aggressive marketing campaigns that target them work.

La première phrase de la conclusion est symptomatique : On étudie une chose pour en conclure une autre, sans aucun rapport. Cette étude ne porte pas sur le marketing. Si l’équipe qui a fait cette étude avait étudié le marketing de la vape entre 2015 et 2017, elle aurait découvert qu’il était pratiquement inexistant à cette époque. La vape est une “subculture” qui passe par les réseaux sociaux, une communauté d’utilisateurs qui propagent leurs expériences. Pour preuve, alors que tous le monde connait Apple, Microsoft ou BMW, qui connait les marques tel que Joyetech, Innokin, Kangertech ? Presque personne. Les marques qui dominent le marché de la vape ne font pas de publicité. Pourquoi donc commencer la conclusion de cette étude en accusant le marketing ? Pour moi la réponse est tristement évidente : Ce n’est pas de la science. C’est une manipulation politique qui vise à restreindre l’accessibilité du produit, notamment via une interdiction la plus vaste possible de la publicité sur la vape.

Il faut noter ici que dès la première phrase de la conclusion, on voit un parti pris. La vape est négative. Il faut luter contre la vape. La vape cible les jeunes. Rien dans cet article ne va envisager un quelconque effet bénéfique de la vape. Voici la suite :

Furthermore, ECs seem to be a gateway to smoking and have little impact on helping to quit.

Là, il faut examiner les chiffres. Il y en a deux sortes : ceux qui sont dit et ceux qu’il faut calculer. L’étude globale (N=1437) dit qu’il y a 26.3% de fumeurs, plus 6.7% de “dual users”, soit un total de 33% de fumeurs (N=475). On voit ici à quel point le tabagisme est répandu chez les jeunes. Fumer tue et touche un jeune sur 3. Ces chiffres sont stables depuis bien avant que la vape n’arrive et donc en aucun cas on ne saurait les imputer au marketing “agressif” de Eleaf. Les jeunes suisses fument.

Effet passerelle

Les jeunes qui vapotent exclusivement sont 2.9% (N=42) et l’étude nous dit que 23% d’entre eux (10 jeunes donc) sont devenus fumeurs après un an. Donc à supposer que l’effet passerelle existe, cette étude a mesuré qu’elle impact la prévalence tabagique de 0.7%, ce qui ne semble pas grand chose au regard des 33% de fumeurs qui n’ont pas commencé à cause de la vape. (Tirer des conclusions sur un panel de 10 jeunes ne me semble pas très professionnel, mais passons)

Cette étude ne démontre en rien une causalité.
On ne peut affirmer, en la lisant, que ces jeunes ne seraient pas devenu fumeurs s’ils n’avaient pas vapoté avant. Fait paradoxal, ces chiffres sont issus d’une étude qui démontre que certains jeunes ont des comportements à risque, c’est à dire qu’un jeune qui aime les jeux d’argent sera plus susceptible de consommer de l’alcool, de fumer ou de se droguer qu’un autre jeune. Concernant la vape, en revanche, les auteurs de cette étude ne se posent pas la question d’une corrélation de comportements à risque. Du fait que la moitié des auteurs de cette étude fait partie de l’équipe qui a rédigé l’autre étude, on ne peux supposer qu’ils ne sont pas au courant. On voit donc ici que les conclusions des auteurs relèvent une intention de leur part à conclure à un effet passerelle. C’est de la politique, pas de la science.

little impact on helping to quit

Là aussi, cette étude révèle plus des intentions et préjugés des auteurs que la réalité des faits.

Among dual users indicating wanting to quit as a reason to use ECs, 15.3% effectively quitted smoking

Faisons quelques calculs pour savoir de quoi on parle. Les “dual users” N=97 ont été 8.4% à dire qu’il vapent pour arrêter de fumer. On parle donc de 8 jeunes. Cette étude entend donc démontrer l’inefficacité de la vape en tant qu’aide à la cessation tabagique sur un panel de 8 personnes. En quoi est-ce représentatif ?

Il faut rappeler ici que cette étude analyse les chiffres de 2015 à 2017. A cette époque la nicotine était interdite à la vente. De plus les boutiques de vape spécialisées se sont par principe engagés à ne pas vendre aux mineurs. On ne sait donc pas si ces jeunes vapotaient avec nicotine, ni si ils ont été correctement aidés, conseillés et suivis par des spécialistes. On ne peux donc pas savoir si la faible efficacité que les auteurs attribuent à la vape provient du contexte législatif négatif, d’un sous-groupe d’individu ayant une tendance marquée à la dépendance ou de la vape elle-même.

Addictivité de la vape

Ce point n’est absolument pas évoqué par les auteurs, pourtant cela me semble statistiquement intéressant. On lit souvent que la vape est dangereuse parce que addictive. Selon le T1 près de la moitié des jeunes interrogés ont testé au moins une fois la vape, mais ils ne sont que 2.9% à être considérés comme vapoteurs par les auteurs de cette étude. Cela voudrait dire que parmi les jeunes ayant testé la vape, moins de 6% sont éventuellement devenus dépendants. Qu’en est-il comparé au tabac ?

chez les jeunes de 20/25 ans ayant fumé leur première cigarette avant 14 ans, 66 % fument quotidiennement

https://www.april.fr/informations/le-tabac-et-les-jeunes-de-l-experimentation-a-la-dependance

On voit donc ici qu’il se pourrait que cette étude démontre le faible potentiel addictif de la vape, lequel serait selon ces chiffres 10x plus faible que le potentiel addictif du tabac.

Conclusions

Si je devais tirer mes propres conclusions de cette étude, je dirais ceci :

  • La prévalence tabagique est stable chez les jeunes, ce qui montre que la politique anti-tabac actuel est un échec (33% des jeunes interrogés sont fumeurs). Cela est dramatique car parmi ceux qui ne parviendront pas à arrêter de fumer, la moitié mourront à cause du tabac. Le tabac menace l’avenir de notre jeunesse.
  • Alors que la moitié des jeunes ont expérimenté la vape, seul un petit nombre pourraient présenter une dépendance. La vape semble moins addictive que le tabac, et selon d’autres études elle serait 95% moins dangereuse. Il n’y a donc pas de raison de placer le danger que la vape pourrait représenter au même niveau que le danger avéré du tabac.
  • Reste que nous ne souhaitons pas que les jeunes développent des addictions, quelles qu’elles soient. Il convient donc de limiter l’accessibilité du produit auprès des jeunes (par une interdiction de vente et des messages de prévention notamment) mais de manière raisonnable car ces jeunes seront bientôt des adultes ayant besoins d’une méthode efficace pour arrêter de fumer. D’autres études indiquent que la vape est une aide efficace dans le sevrage tabagique.

Le syndrome du puceau savant

Au début, c’était juste un argument un peu clash pour un cas bien spécifique. Pour ainsi dire une insulte. Puis j’ai eu l’occasion de réutiliser cette formule tant de fois que je pense que c’est un fait. C’est ma contribution à la science, ma découverte ! La science est malade, docteur. Voici le syndrome.

Est-ce que vous prêteriez foi en un sexologue puceau ? Le syndrome du puceau savant, c’est l’histoire du mec qui cause de ce qu’il ne connait pas mais qui parce qu’il est scientifique se permet de t’expliquer n’importe quoi, n’importe comment et parce qu’il est scientifique, tout le monde l’écoute religieusement et y crois.

Le puceau savant c’est un type qui ne vapote pas mais qui a lu 150 études sur la vape écrite par d’autres gens qui ne vapotent pas non-plus et qui se permet de claquer les fonds publiques pour faire des recherches absurdes puis publier dans des revues scientifiques des conneries sans nom parce que les reviewers ne vapotent pas non plus et que donc, on peut leur raconter n’importe quoi tant qu’on y met les formes.

Le principe du puceau savant, c’est un type qui te dis “La capote, c’est pas sûr. On l’a mise sur la tête de 2000 souris, elles sont toutes mortes étouffées. On l’a mis sur la patte de 250 souris et on a constaté que ça n’empêche pas les maladies vénériennes de se propager. On l’a mise dans la mangeoire de 12500 souris, elles sont mortes d’indigestion” Oui, mais ça ne se met ni sur la tête, ni sur la patte, ni dans la mangeoire, une capote. Crétin !

Voilà qui semble très gros, vous n’y croyez pas. C’est pas possible d’être aussi con ! Mais si, je vous assure, je le vois tous les jours. La majorité des études sur la vape prouvent que le syndrome du puceau savant est un fait. Par exemple, j’expliquais à un type sur twitter que si on a 10 ans recul sur des humains, avec 40 millions de vapoteurs, et qu’on a pu remonter aucun problème clinique, on ne peut pas trouver d’effets néfaste de la vape sur une souris dont l’espérance de vie est de 3 ans sans augmenter les doses et donc étudier de la merde. C’est la dose qui fait le poison, tu bois 10 litres d’eau en 10 minutes tu es mort. Le seul moyen de faire crever une souris avec la vape est de tricher. Voilà ce qu’il me réponds:

“Not fake science. It IS science. That being said, you can disagree on conclusions from the study. “Vaping can kill you, if you vape enough””

Alors oui, si tu mets la capote sur la tête au lieu de la mettre sur ta bite, tu peux attraper le sida lors d’une relation sexuelle. C’est de la science. Et c’est stupide. Personne ne peut vapoter assez pour dépasser la dose létale dans des conditions normales de vape. Ou si c’est possible, il faut l’inscrire au guinness book record parce que vapoter un demi-litre par jours pendant 20 ans, c’est de la science fiction.

  • On a le même problème avec le formaldéhyde. Si tu vapotes pas tu peux pas savoir ce qu’est un dry hit, alors tu peux croire qu’on peut vapoter à 5 volts sur une CE4. Ce cas là est documenté.
  • On a le même problème avec les revues qui font “référence” comme celle du NAS: Les mecs ne vapotent pas et ça se voit. Leur définition du sel de nicotine est fausse et malgré une flopée de rédacteurs, de stagiaires, de professeurs réputés et de reviewers respectés, aucun d’entre eux n’a réalisé l’erreur parce qu’ils n’y connaissent rien. Ils mettent des pages et des pages à étudier la quantité de nicotine délivrée par une vape ou la fiabilité du dosage dans les e-liquides sans jamais s’apercevoir que au fond, la vape n’a pas de posologie, c’est un auto-traitement. Donc si un jus contient moins de nicotine, tu vapotes plus. Si un jus contient plus de nicotine, tu vapotes moins. Tout ce que tu risques en cas de mauvais dosage c’est soit que ça t’arrache la gorge ( sur-dosé ) soit que tu aies envie de fumer (sous-dosé).
  • On a le même problème avec “l’efficacité de la vape n’a pas été démontrée”. On est des millions à avoir arrêté de fumer, mais tant que ça n’avait pas été publié, ça n’existait pas. Bien sûr que la vape permet d’arrêter de fumer, connard, on le voit tous les jours en boutique. Ce n’est que lorsque P. Hajek a publié son étude que enfin, le monde s’est aperçu qu’on existait, que la vape permettait effectivement d’arrêter de fumer. Depuis quelques temps, les puceaux savants répliquent à cela que puisqu’il existe de nombreux modèles de vape, on ne peut pas appliquer une étude faite avec un seul modèle à l’ensemble des modèles. Sauf que la vape, c’est toujours du PG, de la VG, des arômes et éventuellement de la nicotine. Changer la couleur d’un médicament en modifie-t-il les effets ?
  • On a le même problème avec “l’effet passerelle”. La politique de pays entiers, dont la Suisse, se base sur le fantasme qui consiste à penser que la vape mène au tabac. C’est faux mais les puceaux savants le disent alors c’est vrais, même si dans les faits, les pays où la vape se développe sont des pays où la prévalence tabagique diminue chez les jeunes.

Bon, je m’arrête là pour le moment. Il y a des milliers d’études sur la vape, je peux pas tout passer en revue mais cher lecteur, si vous trouvez un article scientifique qui corresponds au syndrome du puceau savant, postez le en commentaire svp.

Tout ça pour dire que la science est malade. Tout le monde a un avis sur tout, c’est pas parce qu’on est professeur qu’on a le droit de dire n’importe quoi. Si vous êtes chercheur et que vous voulez parler de vape, entourez vous de vapoteurs pour attester de la viabilité de vos recherches. Vous ne pouvez pas faire l’impasse, nous mépriser et croire que vous savez de quoi vous parlez.

Réponse à Addiction Suisse

Ce matin, Addiction Suisse a publié un communiqué de presse qui fait grand bruit.
Ils s’alarment du fait que les jeunes expérimentent la vape. L’étude elle se trouve ici.

Ce que dit Addiction Suisse :
50.9% des garçons et 34.8 des filles de 15 ans ont déjà expérimenté la vape, cela pourrait favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’accros à la nicotine, voir même pousser les jeunes à fumer.

1) Ils craignent “l’émergence d’une nouvelle génération d’accros à la nicotine”

En consultant le résultat de leurs études je vois en page 63 que 16% des garçons de 15 ans qui ont fumé au moins une fois dans leur vie en sont dépendants puisqu’ils fument tous les jours. On voit donc à quel point le tabac est addictif. En revanche il a été prouvé que les patch ne sont pas addictifs. Ce n’est donc pas parce qu’un produit contient de la nicotine qu’il est automatiquement et systématiquement addictif. Qu’en est-il de la vape ? L’étude ne prends pas la peine de quantifier le nombre de garçons de 15 ans qui vapotent tous les jours, mais selon l’étude ESCAPAD 2017 ils seraient 1.9% à 17 ans. Or selon Addiction Suisse 2% environ des jeunes disent vapoter pour ne pas fumer, c’est à dire qu’ils sont devenus dépendants à la nicotine à cause de la cigarette et qu’ils utilisent la vape pour diminuer les risques, pour échapper à un produit nocif. On voit donc qu’il n’y a pas d’évidence à ce que les jeunes qui ont expérimenté la vape deviennent accros à la nicotine.

Dans le cadre de cette étude, Addiction Suisse aurait pu facilement analyser le caractère addictif de la vape, je pense qu’ils ne le font pas car ils savent parfaitement que la vape n’est pas addictive.

2) Addiction Suisse dit que la vape pourrait “pousser les jeunes à fumer”.

Selon leur étude en page 74, les garçons de 15 ans ayant fumé au moins 1 cigarette au cours de leur vie était stable et élevée (environ 60%) de 1986 à 2010. L’année où la vape débarque en Suisse, en 2014, cette prévalence chute. En 2018, la baisse se confirme pour arriver à 35%, presque la moitié de ce qu’elle a été durant 25 ans. L’arrivée de la vape ne coïncide donc pas avec une hausse de la prévalence tabagique mais au contraire à une baisse. On peut donc non seulement exclure l’idée comme quoi la vape pourrait “pousser les jeunes à fumer”, mais on est même en droit de se demander si la vape ne rendrait pas la clope obsolète, ringarde.

Voici ma réponse à Addiction Suisse, hélas écrite le jour même sous de coup de la colère et sans même avoir pris le temps de lire l’étude à laquelle il faisaient référence.

Bonjour

Suite à votre communiqué de presse, en tant que professionnel de la vape et représentant romand de la SVTA, je me permets de vous faire part de ma réaction.

Tout d’abord, le problème avec le tabac n’est pas la dépendance à la nicotine mais la nocivité de la combustion. Si le tabac ne tuait pas 9500 personnes chaque année en Suisse, on ne se battrait pas contre ce fléau. Personne ne se préoccupe de savoir combien de personnes sont dépendantes des transports publics ou du café car ce n’est pas un drame.

Deuxièmement, les données que vous publiez sont trompeuses. Vous semblez confondre expérimentation et usage régulier avec nicotine. Il aurait pourtant été simple de collecter cette petite précision supplémentaire. Cette confusion a pour effet d’alarmer la population et les politiques contre la vape ce qui pourrait protéger le tabagisme. La nuance est évidente et vu vos compétences, vous le savez parfaitement. Si l’expérimentation virait à la dépendance, ce serait préoccupant, je vous l’accorde. Mais ce n’est pas le cas comme nous l’a confirmé plusieurs fois l’enquête ESCAPAD : Bien que l’expérimentation soit importante, seuls 1.8% des jeunes vapotent quotidiennement et ce sont en très grande majorité des fumeurs ou d’anciens fumeurs.

Troisièmement, après avoir confondu expérimentation et dépendance, vous glissez sur l’effet passerelle, ce qui suggère encore plus de votre part une volonté de protéger le tabagisme. Dans les pays où la vape prolifère depuis suffisamment longtemps pour qu’on puisse en mesurer l’impact, on constate une baisse de la prévalence tabagique chez les jeunes. Ceci autant en France, en Angleterre qu’aux USA. Dans ces conditions, comment pouvez-vous étayer une prétendue transition de la vape au tabac ?

Quatrièmement, le vrai problème n’est pas la hausse du vapotage mais la stagnation de la prévalence tabagique en Suisse. La lute anti-tabac actuelle a montré ses limites, vu le déroulement des débats dans les chambres fédérales ce n’est hélas pas la LPTab qui va améliorer la situation. Il est donc grand temps d’inclure la réduction des risques à la politique anti-tabac.

Cinquièmement, personne ne conteste l’interdiction de vente de produits de la vape aux mineurs. C’est une nécessité que les milieux de la vape soutiennent. Nous avons à ce sujet créé un codex où nous nous interdisons de vendre de la nicotine aux mineurs. Cependant, alors que vous critiquez le fait qu’il n’y ait pas de limite d’âge au niveau fédéral pour la vape, vous ne pipez mot de l’absence d’interdiction pour le tabac, pourtant bien plus nocif.

Cela démontre encore une fois que vous vous accommodez somme toute très bien du tabagisme et que ce qui vous dérange, c’est qu’un nouvel outil que vous ne maîtrisez ni ne comprenez vienne perturber votre routine et vos dogmes.

Meilleures salutations


Nicolas Michel
Représentant romand de la SVTA