Archives de catégorie : A propos de la vape

La bonne farce

La vape, c’est une sacré farce, ça va tout de travers.

C’est comme un type qui tente de monter à une échelle.
Sauf que les pieds sont plus enthousiastes que la tête, alors les pieds montent en premier. La tête qui n’a rien demandé se retrouve à l’envers et ne comprend pas ce qui lui arrive. Il y a une main qui tente de grimper pour aller voir ce qu’il y a en haut et une autre main qui tente de s’accrocher aux barreaux, désespérément. Chaque membre tente d’aller dans une autre direction et ce pantin semble désarticulé.

Les pieds, c’est la base, le petit peuple des vapoteurs.
Ils sont en haut de l’échelle et voient tout depuis là. On est les premiers au courant :
On ressent personnellement et physiquement les avantages de la vape. On s’est libéré d’une addiction comme par miracle. On est tout le temps sur le net et on connais mieux le sujet que n’importe qui d’autre. Pour nous, les avantages de la vape libre sont tellement évidents qu’il faut absolument luter pour la conserver telle quelle, sauvage et dynamique, inventive et révolutionnaire. A présent qu’on est en haut de l’échelle de la compréhension, on prends tous les autres pour des cons et on écoute strictement rien si ça ne va pas dans notre sens.

La tête, c’est les politiciens, les professionnels de la santé publique, les décideurs. Ils n’ont jamais demandé à ce que la vape existe et n’en veulent pas. Méfiance, c’est nouveau ! Marie Sole Touraine disait l’autre jour sur Twiter : « Pourquoi les vapoteurs me harcèlent » La tête à l’envers, ils voient tout de travers et confondent clope et vape. Ils ne savent pas trop où ils en sont mais puisqu’il faut légiférer, alors ils légifèrent.

La main droite ce sont les praticiens pragmatiques qui voient des fumeurs, de plus en plus nombreux, passer à la vape. Ils voient le niveau de santé des vapoteurs qui s’améliore comme pour n’importe quel ex-fumeur. Les résultats sont là. Ces vapoteurs sont enthousiaste et de plus en plus nombreux, donc au début avec crainte, puis avec enthousiasme ces praticiens saisissent cette nouvelle façon de luter contre le tabac, défendent la réduction des risques et admettent qu’il faut dialoguer avec les vapoteurs pour apprendre comment ça marche. Cette main tente de remonter l’échelle et voir ce qu’il y a en haut, en se rapprochant des pieds.

La main gauche, qui s’accroche aux barreaux de l’échelle, c’est les praticiens dogmatiques. Ils sont d’une mauvaise foi crasse parce que pour eux, la seule voie est l’abstinence. Depuis des décennies ils défendent une politique cohérente et ne veulent pas tout foutre en l’air à cause d’un gadget chinois. Ils dénigrent toute étude positive pour la seule raison que ça va en faveur de la vape. Toutes leurs recherches sont faites pour trouver d’éventuels problème, ils ne recherche jamais les avantages. Ils n’ont pas d’arguments solides car leurs études n’aboutissent qu’à du positif mais n’en démordent pas car ils ont une croyance à défendre. Sur des résultats positifs, ils parviennent à extraire une conclusion alarmiste.

Pendant ce temps, les lobby du tabac tentent de pousser l’échelle dans la direction qui leur rapportera le plus. Typiquement, la directive anti-tabac votée l’an passé par l’EU contient des amendements écrits directement par le lobby du tabac.

La nouvelle loi Suisse sur le tabac mélange deux choses qui n’ont rien à voir : la vape et la clope. Le risque, c’est qu’on s’aligne sur la France, dont les textes ont pour objectif d’interdire tout matériel qui ne ressemble pas à ce que big tabaco veut produire (du cigalike principalement, particulièrement inefficace tant en rendu qu’en moyen de sevrage tabagique) Donc cartouches scellées, limitation arbitraire de la taille des flacons, etc … Et surtout un max de réglementations pour qu’il soit trop onéreux à produire par de petites entreprises. Il souhaitent faire en sorte que produire des e-cig soit le plus cher possible pour éliminer la concurrence, jeune et peu fortunée. Et poser des délais légaux très longs pour éviter qu’un investissement produit n’ait pas le temps d’être rentabilisé.

Je ne pense pas qu’on ait affaire à des politiciens incompétents. Le fait qu’ils ne connaissent pas l’avantage d’un sleeping fused clapton en full vg ne les rends pas idiots.
Avec le récent rapport du PHE, l’organe officiel anglais de santé publique qui dit que la vape est 95% moins dangereux que la clope, ils ont un dossier sérieux à prendre en compte mais ne changent pas pour autant d’avis. Ils sont donc certainement des raisons et des idées à défendre, ou alors ils s’en foutent, c’est pas porteur question électorat. Côté OFSP, je pense qu’ils ont peur que des non fumeurs se mettent à vapoter. Même si actuellement ce n’est pas le cas, ils souhaitent tout faire pour que ça n’arrive pas, quitte à sacrifier les actuels fumeurs. Ils ont peur parce que la vape c’est cool. Reste que leur approche est contre-productive. Définir la vape comme une méthode de réduction des risques et l’utiliser comme outil de sevrage tabagique devrait être généralisé car c’est efficace. Toute limitation ne va conduire qu’à une baisse d’efficacité du produit.

Pour conclure je pense que les opinons sont forgés depuis longtemps et qu’il est très difficile de changer d’avis. Les évidences scientifiques ont commencés à être claires et suffisantes depuis trop peu de temps, après que les projets de loi soient définit. (en août 2014, la même recherche pubmed sortait 150 résultats environ, 20x moins qu’aujourd’hui) Il est peut-être trop tard, la seule option qui s’offre à nous est d’attaquer le gouvernement en justice. Et ça c’est pas gagné.

Plouf

Pic nicotinique, dosage et type d’aspiration

Bonjour à tous

Ces derniers temps j’ai discuté avec plusieurs vapo-fumeurs et j’essaie de comprendre pourquoi la vape ne leur suffit pas. J’en connais même qui sont dégoûtés par les clopes, mais qui fument quand même.

En parallèle je suis tombé sur une étude sur le pic nicotinique dans la vape.
Je cite :

On peut voir que la vitesse d’absorption est assez rapide, le pic pour 11 des sujets est à 2 min après la fin de la dernière bouffée (soit 9 min 30 après le début d’utilisation), alors que pour les deux autres, l’un est à 5 min et l’autre est à 30 minutes (vapant pourtant sur un tank à 18 mg/ml de nicotine, il s’agit cependant d’un vapofumeur, et qui donc ne sait peut-être encore pas bien utiliser son vaporisateur). Ce qui est plus rapide que ce qui avait été montré jusqu’à maintenant dans d’autres études (ici et ici), mais moins rapide qu’avec une cigarette où le pic est atteint entre 5 et 8 min après le début de la consommation (première bouffée).

Mon propos est une déformation et une extrapolation du papier. Je pense que le taux de nicotine et la vitesse d’absorption sont deux choses différentes et que les deux sont importantes pour que la vape soit un substitut efficace à la clope. Le problème – ce n’est que mon hypothèse – c’est qu’il faut choisir entre vitesse et dosage.

Le vapoteur qui crapote à 18 ne pourra pas faire une inhalation directe. Une bonne partie de la nicotine absorbée ira donc dans les muqueuses et la salive, prenant du coup beaucoup plus de temps pour arriver au cerveau. En revanche avec une bonne grosse taff de driper en ULR où, si on met plus de 3mg on crache nos poumons, va descendre directe dans les alvéoles pulmonaires et donc logiquement arriver au cerveau en moins de deux. L’un se fait avec un petit airflow, l’autre avec un grand.

Conclusion ? Si vous êtes vapo-fumeurs, pour rapidement lâcher le tabac je préconise de débuter la journée avec une bonne grosse vape à 3mg ouverte à coin, en inhalation direct, puis passer rapidement sur une petite vape serrée à 18mg pour le dosage.

Une autre idée, mais n’étant ni chimiste ni biologiste je ne peux faire qu’une supposition, c’est que la différence entre vape et tabac est que le tabac est alcalin. ( je crois que c’est notamment parce qu’il contient de l’ammoniaque,  voir de l’urée). Or la nicotine traverse plus vite les tissus lorsqu’elle a un PH élevé. Donc non, je ne vais pas pisser dans mes jus pour faire le test, mais tout de même je me demande dans quelle mesure il ne faudrait pas développer un e-liquide alcalin. Je n’ai jamais vu d’étude à ce sujet et je trouve ça un peu surprenant. Évidemment, un tel produit mériterait un développement à la façon d’un médicament.

Traditionnellement les «pro» recommandent 6mg pour les petits fumeurs, 12 pour les moyen fumeurs et 18 pour les gros fumeurs. Si c’était possible avec une ego, ce pas applicable avec du matos actuel genre subox. Mais quel que soit le dosage, les deux choses qui comptent sont la vitesse du pic et la quantité globale de nicotine. Tirer deux grosses taff à 3mg me semble donc équivalent à une petite taff à 12mg. Voilà, il ne vous reste p plus qu’à apprendre à vapoter en inhalation directe.

Genesis mesh et contrôle de temperature

 

Je suis un peu de la vielle école mais tout de même, je vends des mods avec contrôle de température et je me demandais à quoi ça peut bien servir <:0)

Certes, on peut vapoter son tank jusqu’à la dernière goutte et quand il n’y a plus de jus, il coupe. Donc on peut ensuite mettre un autre jus en ayant quasi pas de gout parasite sans même changer le coil. Certes c’est une vape lisse et régulée, pas dégueux. Mais j’avais un peu le sentiment que c’est bien surtout parce que c’est nouveau.

Le fait d’éviter les dry hit, je ne voyais pas trop parce que j’en ai pas, sauf sur les genesis en montage mesh. Alors j’ai fait un montage ni200 en 0.2mm sur mon bon vieux Kraken modifié de partout. 7 tours sur un mesh 300 à peine oxydé, au 4ème essais ça a passé. Pas si facile mais il faut se rappeler qu’un mesh ça dure, donc ça vaut le coup de passer un peu de temps. J’ai pas trop de conseils nouveaux à donner, le web regorge d’excellents tuto sur le montage mesh, on fait pareil mais avec du nickel est pis c’est tout … La seule chose à dire c’est qu’il ne faut pas faire de dry burn pour égaliser le montage : le Nickel s’oxyde et c’est pas bon pour la santé.

Question rendu, bin c’est un montage mesh sur genesis, donc c’est vachement bien. Très bon rendu des saveurs, dense et goûtu comme on aime, mais sans le risque du point chaud. Pas mal non ? Le seul point un peu particulier, c’est la particularité du mesh, il chauffe. En fait le coil diffuse la chaleur au mesh et donc au début de la taff, on a juste le coil qui vaporise, puis petit à petit le mesh monte en température et vaporise aussi. Donc ça fait un peu diesel, au début c’est doux puis ça monte en intensité. J’aime assez.

image

Plouf

DIY – faites vos e-liquides vous même

Pourquoi faire sois-même ses jus ?

  • Par économie : Un e-liquide du commerce peut coûter jusqu’à 1.40 CHF le millilitre alors que si vous faites votre e-liquide vous-même, dans le cas extrême ça ne vous coûtera que 3 ou 4 centimes pour la même quantité.
  • Faire ses liquides sois-même est une façon de ne pas être juste un consommateur, mais être acteur de notre vie. Savoir ce qu’on vape, « ce qu’il y a dedans », c’est intéressant.
  • Vous pouvez gérer exactement ce que vous ingérer. Vous pouvez doser la nicotine très précisément en fonction de l’atomiseur, de vos besoins, du moment, de vos envies. Pareil pour le ratio PG / VG
  • Comme en cuisine, préparer nos plats est créatif, surprenant, valorisant. Nombre de fabricants ont commencés par faire des e-liquides pour eux, puis voyant le succès on progressivement produit des liquides pour d’autres.

Matériel de base

Pour vous lancer vous avez besoins des éléments suivants :

  • Des flacons vides
  • Du propylène glycol (PG) de grade pharmaceutique
  • De la glycérine végétale (VG) de grade pharmaceutique
  • Des e-liquides concentrés ou des arômes alimentaires adaptés à la vape.
  • Éventuellement de la nicotine.
  • Éventuellement un petit peu de matos de labo genre pipettes et autre

Où se fournir

Je ne suis pas ( pas encore ? ) revendeur de DIY, donc ce sont presque tout des produits que vous devrez acheter ailleurs, généralement sur le web, à l’exception notables des concentrés T-Juices et des flacons vides. On trouve dans pas mal d’endroits des « bases » toutes prêtes contenant déjà du propylène glycol, de la glycérine végétale et de la nicotine à différents dosages. J’avais commencé par les bases de chez Inawera. A présent  j’achète en général PG et VG séparément à la droguerie du boulevard, juste sous la gare de Lausanne, à 200 m de ma boutique. J’achète la nicotine chez mix & match ou chez Nicvape. Je prends souvent des concentrés tout prêt de chez T-Juice ou autre, mais j’ai également plus d’une centaine d’arômes alimentaires de diverses provenances pour mon usage perso. Justvape247 et solubarôme sont mes principaux fournisseurs ces temps. Notez que corsicavap a des bases avec du PG 100% végétal qu’on dit supérieur en qualité au PG standard.

Une recette simple

Prenez un concentré T-Juice et une base nicotinée du genre VPG 70/30 Inawera.
Videz 40 ml du flacon de base puis versez tout le concentré T-Juice dans le flacon.
Mélangez bien et attendez entre 24h (pour du red astair) et 2 semaines (pour du custard).

Vous obtiendrez 70ml de e-liquide pour une vingtaine de francs. C’est simple, il y en a pour 5 minutes et vous en aurez pour un bon bout de temps.

Ratio PG / VG

La glycérine végétale (VG) est visqueuse, épaisse. Plus vous mettez de VG et plus vous encrassez votre matériel, donc les résistances dureront moins longtemps. De plus le point d’ébullition du VG est plus élevé que celui du PG, se rapprochant de la température où commence à apparaître le formaldéhyde, substance cancérigène. Il n’est donc pas recommandé de vapotez 100% VG. A l’inverse, le PG produit peu de vapeur et n’est pas très onctueux en bouche. Vapotez du PG pure est un peu triste. Il faut donc tester mais au minimum, partez sur 80% PG / 20% VG, pour allez jusqu’à 40% PG / 60% VG.

Nicotine

Il est autorisé en Suisse d’acheter jusqu’à 150 ml de liquide contenant de la nicotine.  Au delà, la douane bloquera votre achat. Personnellement je prends chez Mix & Match des flacons de 100ml dosés à 100mg / ml dilués dans du PG. En vapant à 10mg/ml je peut donc me préparer 30 flacons de 30ml pour une vingtaine de francs. Je déconseille fortement d’utiliser de la nicotine pure. A moins que vous ne soyez laborant de formation, le risque n’est pas nul, la nicotine pénètre par la peau ( C’est le principe des patch ). Certains chiffres pessimistes disent qu’on peut y passer en ingurgitant 2mg de nicotine. En clair, si vous vous renversez un flacon de nicotine pure sur la jambe, il suffirait que 2 ml pénètre par la peau avant que vous n’ayez eu le temps de vous changer / doucher pour que vous soyez mal. Avec un flacon de 100mg/ml, ça veut dire que le flacon contient 10% de nicotine et 90% de PG. Il faudrait donc absorber 20ml pour craindre un effet néfaste, c’est peu probable, on a plus de chance d’avoir un accident en cuisant des pâtes. Je conseille également de prendre une base de nicotine diluée dans le PG : c’est un anti-bactérien. Ajoutez à cela que la nicotine est également toxique pour les micro-organismes, le risque de trouver votre flacon contaminé est nul. Le PG se conserve très bien durant au moins deux ans si vous le stockez à l’abris de la lumière. Pour le dosage, perso j’utilise ce site

Arômes

Ce qui est le plus important avec les arômes, c’est qu’ils soient solubles à l’eau et préparés dans une base de PG. Vapoter des huiles essentielles est dangereux car vous risquer une pneumonie lipidique. On évitera également le diacétyle et autre acétyle propionyle : A fort dosage on risque une bronchiolite (très théorique, sur 9 millions de vapoteurs aux USA, on ne relève sauf erreur pas ou presque pas de cas cliniques avérés). Préférez à cela le massoia lactone dont on a pas de preuves formelles qu’il y ait un risque. A éviter également, le sucre car il peut cristalliser. Un arôme alimentaire apparemment parfaitement adapté à la vape peut contenir du diacétyle. Bien que les risques ne soient pas évidents, on préférera les fabricants d’arômes qui garantissent un produit sans ce type de trucs.

Macérats

Il est possible de faire macérer des plantes dans du PG. Un exemple courant est le cigare, que vous découpez en petits morceaux et que vous faites tremper dans le PG durant 2 ou 3 semaines. Je le fais également avec du thé ou des tisanes. Notez que ce n’est pas particulièrement recommandé : Un arôme de synthèse ne contient qu’une seule molécule, simple à étudier scientifiquement. Dans un macérat, au contraire vous retrouverez l’intégralité de la plante dans votre jus et donc le risque est beaucoup plus grand d’avoir un produit qui ne convient pas à l’inhalation. Manger une plante est une chose, se l’envoyer dans les poumons en est une autre.

Recettes

Il existe quantité de recettes qu’on trouvera sur les forums par exemple. En vérité s’il est très simple de faire un jus à base d’un concentré déjà complexe, il n’est pas si évident de trouver sois-même les bons ingrédients et de les mélanger. Certes vous arriverez très vite à un truc techniquement vapable, mais pour faire un jus vraiment délicieux, il faut du temps, de la recherche et de l’humilité. Dans ce sens je vous recommande de commencer par trouver des recettes déjà testées et de n’acheter que les arômes cités dans la recette. Si par la suite vous vous lancez dans vos propres créations, commencez avec le moins possible d’arôme, il est toujours possible d’ajouter deux gouttes d’un truc mais c’est impossible de les retirer.

Step

Certains ingrédients nécessites ce qu’on appelle une période de step. C’est le cas de tous les crémeux notamment. C’est un des trucs qui rends l’exercice complexe : vous pouvez goûter votre création rapidement mais pour vraiment savoir ce que ça vaux il faut attendre au moins deux semaines.  La nicotine, notamment, oxyde le jus pour lui donner un ton brun orangé. Les arômes caramel vont se dégager, le côté bonbon chimique sur les fruités va s’estomper.

Allen Carr, la méthode simple pour arrêter de fumer

Voilà quelques temps que mon fils a arrêté de fumer grâce à un bouquin d’Allen Carr, la méthode simple pour arrêter de fumer tout de suite sans prendre de poids, aux éditions pocket. Bien qu’étant engagé sur une autre méthode de cessation tabagique – la vape – je me suis dit que si mon fils a réussi à arrêter de fumer grâce à ce livre, alors il est intéressant que je le lise. Voici un petit résumé de ce que j’en pense.

La méthode

La méthode consiste en un lavage de cerveau volontaire qui va nous permettre – selon l’auteur – d’arrêter de fumer sans difficulté et sans effet de manque. Il dit en résumé très peu de choses mais se répète à loisir et ajoutes des exemples parlants.
Voici la liste quasi-exhaustive de ce qui est dit :

  • Fumer tue
  • Le problème de la cigarette, c’est la nicotine.
  • Fumer n’est pas une habitude, c’est une addiction.
  • Le tabac ne comble pas un vide, il le crée.
  • On allume chaque clope pour combler le manque créé par la nicotine, mais en réalité chaque cigarette entretient l’addiction et donc augmente et perpétue le problème. La seule solution est d’arrêter de fumer pour échapper au cercle vicieux.
  • Nous avons subis un lavage de cerveau pour nous faire croire que la clope nous apporte quelque chose et qu’il est difficile d’arrêter de fumer. Le livre tente d’éliminer ce lavage de cerveau en nous faisant voir la « vérité »
  • Fumer n’apporte aucun plaisir. Fumer pue, c’est pas bon, la seule satisfaction qu’on en retire est de soulager l’effet de manque. Le plaisir de la clope est une illusion.
  • Fumer n’apporte aucun soutien. Un non-fumeur n’est pas plus stressé qu’un fumeur. Par contre pour le fumeur, être régulièrement en état de manque est un stress et la seule façon de sortir de ce stress est de ne plus fumer. Ce soutient est une illusion.
  • Fumer n’aide pas à garder la ligne. Selon l’auteur, en suivant sa méthode on ne prends pas de poids, on en perds.
  • La dépendance physique à la nicotine – que l’auteur nome « petit monstre » – est faible, négligeable.
  • La dépendance psychologique à la nicotine – que l’auteur nome « grand monstre » – est très forte, c’est cela que l’auteur combat en tentant de reprogrammer le cerveau du lecteur.
  • La force de volonté et les substituts nicotiniques sont inutiles.
  • Arrêter la clope par la volonté est voué à l’échec et fait de votre vie un calvaire.
  • Diminuer progressivement est contre-productif car alors on renforce l’illusion de plaisir : en fumant tout le temps, on ne soulage pas un effet de manque et donc fumer n’a ni valeur ni saveur. C’est lorsqu’on a été privé longtemps d’une clope qu’elle prends tout son sens et qu’on a l’illusion qu’elle est délicieuse car elle comble momentanément le manque et prends donc une réelle valeur psychologique.
  • La peur est la motivation principale du fumeur. Peur du manque, peur de ne pas parvenir à arrêter, peur de réussir à arrêter et se priver d’un soutient illusoire, …
  • Ne pas parvenir à arrêter la clope n’est pas un échec : l’échec est de fumer. En ayant raté une cessation tabagique, on a rien perdu, au contraire on a gagné la perception de notre esclavage à la clope.
  • Les éléments déclencheurs qui nous font allumer une clope perdent tout leur efficacité lorsqu’on en a compris les mécanismes. Cesser de fumer devient alors simple.
  • Il faut y croire pour réussir

Efficacité

Le livre prétends avoir 90% de réussite parce que dans les centres Allen Carr, en cas d’échec, ils remboursent le traitement. Or ils ne remboursent que 10% des traitements. Ce chiffre donne le ton de l’ouvrage : exagéré, vindicatif et de mauvaise fois.

En cherchant sur pubmed, je vois des études disant que le taux de réussite serait de 45%. Sur wikipedia, il est question d’une étude qui aurait mesuré 53% de réussite. C’est beaucoup, peut-être même la méthode la plus efficace qui existe.

La position officielle – si j’en crois stop-tabac.ch – est que les substituts nicotiniques doublent l’efficacité des tentatives de sevrage tabagiques. Pour peu que je soies encore capable de multiplier un nombre par deux, ça veux dire que les substituts nicotiniques auraient une efficacité de 106%. Je suis heureux de l’apprendre. La mauvaise fois n’est manifestement pas l’apanage d’Allen Carr et j’aimerais en connaitre la raison, je ne comprends pas ces guerres de paroisse.

Et la vape ?

Le livre, pourtant imprimé en avril 2014, ne fait pas mention de la vape. Il dit ceci à propos des substituts nicotiniques :

« Loin d’aider le fumeur à se libérer, les substituts prolongent et renforcent l’addiction »
« Si vous prenez des substituts, vous allez déplacer le problème au lieu de le régler »
« tous les substituts renforcent l’illusion selon laquelle arrêter de fumer serait un sacrifice »

« Dans la pratique, l’immense majorité des personnes qui essayent des substituts nicotiniques finissent par se remettre à fumer. L’illusion de plaisir est très faible quand on mâchonne un chewing-gum, elle est nulle quand on porte un patch. Au bout de compte, ces personnes sont contraintes de regarder la réalité en face : elles sont de pitoyables accros à la nicotine. C’est tellement plus commode de se rabattre sur la cigarette. Là au moins elles pourront se tromper elles-mêmes sur le prétendu plaisir de fumer »

Conclusions

Parce que les résultats sont là, il serait très malvenu de critiquer la méthode d’Allen Carr. La méthode aide beaucoup de gens donc elle est bonne. L’important est de ne plus fumer, quelle que soit la méthode que vous adoptez.

Ceci dit la méthode Allen Carr est une forme de lavage de cerveau proche d’une religion : il faut croire pour que ça marche. Il n’y a qu’une seule vérité, qu’une seule solution, les fumeurs sont tous les mêmes et il n’y a qu’un seul bon moyen pour arrêter.

Ce livre est truffé d’exagérations, de petits mensonges et de mauvaise fois. Mais comme tous les bons mensonges, ils sont basés sur 90% de vérité. Il y a juste, systématiquement, une façon de présenter les choses en faveur du point de vue de l’auteur. On occulte toutes les nuances et tous les autres points de vue pour se concentrer sur l’objectif principal : Vous convaincre d’arrêter. Le taux de réussite exagéré, le dénigrement de toutes les autres méthodes, le dénigrement du manque physique sur lequel pourtant tout le livre se base, l’exaltation de la « liberté » du non-fumeur, etc … Selon l’auteur si vous ne parvenez pas à arrêter de fumer suite à la lecture du livre, c’est que vous n’avez pas totalement assimilé la seule vérité qui soit : la sienne. Il faut alors trouver en vous le doute qui subsiste et l’anéantir pour être parfaitement en harmonie avec la vérité du livre, la seule et unique vérité qui soit. C’est simple et efficace, mais cela me dérange.

La diabolisation de la nicotine m’a un peu choqué. De nombreux autres facteurs sont, il me semble, également importants dans la dépendance tabagique. En soit la nicotine n’est pas un poison. On dit souvent : « on fume à cause de la nicotine, on meurt à cause du goudron ». Autrement dit pour le vapoteur que je suis, la nicotine n’est pas toxique. Ce n’est pas ce que dit le livre.

Ce livre est un très bon exemple du mensonge utile. Il vous dit ce que vous avez besoins de croire pour arrêter de fumer sans douleur. Même pour un éternel sceptique comme moi, ce livre contient de nombreuses choses vraies qui sont une aide dans notre lute contre le tabac. Malgré que ce ne soit pas du tout mon style, je vous le recommande. Au mieux ce livre vous permettra d’arrêter de fumer, au pire il vous permettra de réfléchir à la dépendance et ne vous fera aucun mal.

Dépendance

J’ai lu ce livre alors que j’étais en vacances. S’il est inexacte de dire que le tabac n’apporte aucun plaisir, lorsqu’on vape c’est totalement faux. La clefs de la réussite avec la vape, c’est la plaisir. Vapoter est souvent un pied géant. L’autre jour, je vapotais un Jack parfaitement steppé, parfaitement dosé, sur un mod parfaitement monté et j’étais proche de l’orgasme, à chaque taff je me demandais comment c’est possible que ce soit si bon, j’avais du mal à croire la perfection de l’instant. Cependant la vape c’est compliqué. Durant ces vacances je n’avais, comme souvent quand on fait du diy, pas mes liquides préférés prêt et steppés convenablement. Pire, ma vape a changé, mes gouts ont évolués, ma tolérance à la nicotine a baissé. Mes drippers qui envoient du lourd m’arrachent la gorge. Du coup, j’ai dû vapoter sans grand plaisir, en tirant sur mon mod purement pour avoir ma dose. Et bien entendu, qui dit vacances dit promenades, j’ai trimbalé une tonne de matos à longueur de journée sous un soleil brulant dans le seul but de satisfaire ma dépendance à la nicotine en guettant à chaque instant le petit moment où je pourrai tirer une latte sans déranger personne. Et là je me suis dit que ce serait bien si j’arrivais à vapoter en zéro mg, juste pour le plaisir. Etre capable de poser mon mod le soir en sortant du taff et de passer la soirée les mains libres, les poches légères. Transformer ma dépendance en loisir, ne plus être accroché à ce truc que par ailleurs j’adore. C’est un peu pareil avec l’alcool. J’adore l’alcool – particulièrement les vins rouge amples et généreux et les bières artisanales – mais je peux passer une semaine sans en boire et sans que ça me manque. J’apprécie l’alcool pour le gout et pour l’ivresse mais n’éprouve aucun besoins de boire. J’aimerais bien arriver à ça avec la vape, et je vais tenter d’y parvenir en baissant le taux de nicotine.

Lexique

Petit Lexique de la vape …
Merci de me laisser un commentaire pour tous les mots que vous désirez voir apparaitre dans ce lexique – à l’exception des nom d’oiseau qu’on donne aux coils et qui ont un lexique pour eux seuls.

Cigarette électronique / e-cig / e-cigarette, etc …
Noms débiles pour désigner un vaporisateur personnel. C’est très con parce qu’il n’y a aucun rapport entre une e-cig et une clope : pas de tabac, pas de combustion, rien qu’un substitut délivrant un aérosol. C’est un peu comme si on appelait l’aspirine « e-migraine » ou l’Imodium « m-chiasse ».

Vaporisateur personnel
Nom scientifique pour une e-cig. Jamais employé. Comme on le voit, il n’y a pas de nom correct et positif pour désigner l’objet. Chacun utilise donc un terme ou un autre, rien n’est officiel. On dit parfois aussi un VAP, un vapo, un MOD ou une vapote.

E-Liquide, jus, juice, e-juice
Liquide qu’on met dans les e-cig. Il est composé généralement de propylène glycol, de glycérine végétale et d’arômes alimentaires. Avec ou sans nicotine.

Vaper – Je vape, il vape, la vape …
Mot valise désignant un peut tout ce qui touche à la vape – à la cigarette électronique.

Vapoter
Verbe, synonyme de vaper mais valable uniquement en français.

MOD – Box MOD – Box
Tube ou boîte servant à mettre des piles – ou accu – sur lequel on branche un atomiseur. Le MOD peut être électronique ou mécanique, Le MOD électro embarque des fonctions pour varier le voltage / wattage  ou contrôler la température. Le MOD méca n’est qu’un porte pile avec un bouton pour envoyer le courant dans l’atomiseur.
Le terme MOD vient de MODULABLE, à une époque où ce type de matériel se faisait dans des garages et étaient bricolés / inventés.

Accu
Désigne spécifiquement la batterie qu’on met dans un MOD. Les synonymes accumulateur, pile ou batterie ne sont généralement pas employés. On utilise des accu IMR à haute capacité de décharge, c’est à dire qu’un bon accu doit envoyer au moins 20 ampères. Ils sont classés par taille : 18650, 18500, 18350, 26650, … les 2 premiers chiffres sont le diamètre, les 3 suivants la hauteur. Donc 18 mm / 6.5 cm pour les premiers.

Batterie ou Batterie ego
Désigne généralement  un appareil complet « MOD+Batterie » composés d’un tube de 14 ou 16 mm de diamètre avec un bouton et un connecteur de type « ego ». Il se recharge directement sur une prise USB spécifique et permet de connecter de petits atomiseurs. L’accu est intégré et ne se change pas, en cas de soucis il faut remplacer l’ensemble. C’est un produit industriel et non issus de moddeurs – nom spécifique des bricoleurs qui créent artisanalement des e-cig, employé pour tout créateur qui n’a pas le statut de grosse industrie.

Atomiseur ou ato
C’est le « machin » qu’on plante sur une batterie ou sur un MOD. Lorsqu’on y envoie un courant électrique, il chauffe et produit un aérosol – communément nommé vapeur.

Drip-Tip ou embout
Petite pièce cylindrique qui se pose en haut de l’atomiseur. C’est la pièce qu’on met en bouche.

Résistance, Coil, head
existe en version industrielle – un petit morceau d’inox qu’on visse dans l’atomiseur, ou en version « reconstructible », c’est à dire qu’on prend un bout de fil résistif et qu’on fabrique la résistance soi-même.

RBA – Rebuildable atomizer
Issus originellement du garage des moddeurs, le RBA est un atomiseur reconstructible. Il est généralement livré sans résistance et c’est à vous de la fabriquer. Il évolue très vite et les modes changent sans arrêt. « Quoi, tu vapes encore sur un Kayfun ? c’est totalement dépassé gars ! » Le RBA relève presque plus du loisir que de la cessation tabagique tant il y a matière à s’amuser, bricoler, tester, collectionner.

RDA – rebuildable dripping atomizer ou dripper
Type spécifique d’atomiseur reconstructible qui n’a pas de réservoir. On verse juste quelques gouttes de e-liquide sur la mèche et ça dure quelques taffes avant de devoir recharger. Ce type d’ato et très apprécié car il produit souvent une intense vapeur et des saveurs riches et précises.

RTA – Rebuildable Tank Atomizer
Type standard de reconstructible ayant un tank en dessus de la résistance.

Genesis
Type de reconstructible ayant un tank en dessous de la résistance. Il y a souvent confusion avec ce qu’on appelle un montage de type genesis, qui est sans doute le type résistance la plus complexe à maîtriser et qu’on met dans les ato de type genesis. Si un montage type genesis se met essentiellement dans des ato type genesis, l’ato lui permet bien d’autres montages.

RDTA – Rebuildable dripping tank atomizer
Croisement étrange entre un dripper et un tank. Le plateau est celui d’un dripper, mais on a mis un tank dessus. Souvent, il faut presser sur le drip-tip pour envoyer du e-liquide sur la mèche.

Subohm – ULR – Power vaping
La valeur d’une résistance se mesure en ohm. Pour simplifier l’idée, plus une résistance est faible et plus on va consommer du courant et envoyer de gros nuages. Une résistance typique varie entre 1.8 et 1.2 ohm. Le subohming est le fait d’utiliser des résistances en dessous de 1 ohm. C’est de plus en plus courant avec des modèles industriels qui descendent jusqu’à 0.2 ohm. Le ULR – ultra low resistance – commence aux alentours de 0.15 ohm et descends rarement plus bas que 0.4 ohm car on sollicite alors nos accu  au delà de leurs limites physiques. L’utilisation de résistances ultra-basses se nome aussi « Power Vaping ». C’est un jeux risqué et réservé aux connaisseurs car le risque d’explosion n’est pas très loin. Ne foncez pas tête baissée dans ce type de vape.

Tresser son coil
Fait de fabriquer des résistances avec plus qu’un fil dedans. C’est tout un art.

Flash, aaah aaah !

Le flash, entendez par là Flash-e-Vapor, un ato allemand, a été un de mes ato préféré à mes débuts sur reconstructible, jusqu’à ce que je réalise que niveau saveur il n’est pas particulièrement bon. Depuis, parce que je pense que la vape, c’est d’abord le coil, je cherche The coil qui, lui, fera exploser mes papilles.

Dernier test en date, sans doute le meilleur, un vertical coil tressé de 6 brins d’inox 0’2. Ici, une photo avec le coton. L’air passe par dessous. Le coton est collé sur la partie supérieure. Il faudra que je le compare avec d’autres ato sur le même jus avant de crier victoire, mais c’est pas mal.

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Assimetric fused clapton sur kayfun 4

Le kayfun 4 ne m’avait jamais tellement convaincu. De prime abord, trop serré pour ma vape de grand malade. Puis j’ai eu une petite irritation des bronches et j’ai décidé de me calmer sur le all day et de vapoter en ULR plus occasionnellement.
Du coup le KF4 devient très intéressant. J’ai fait divers montages et je m’emmerdais, ça crachait rien. Mon dernier montage, j’avais fait trop de tours sur un clapton trop massif, il me fallait 60W en électro pour que ça envoie, sinon les arômes étaient absents. Oui, grand malade je vous disais … Là, j’ai enfin trouvé un montage pour meca qui me sied : tout inox, un brin de 0.3 avec un brin de 0.2  côte à côte, avec du 0.1 enroulé autour. 4 tours sur 2.4mm de diamètre, 0.48 ohm.

J’ai fait ça en 5 min comme un goret (c’est en voyant la photo que je réalise à quel point je me suis vautré, avec un clapton de 0.1 mm on ne voit quasi rien à l’oeil nu), mais même enroulé à l’arrache ça envoie grave. Saveur, réactivité, vapeur, tout est là.

Yeah !

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Qualité des e-liquides

Ces derniers temps, il est beaucoup question de la qualité des e-liquides pour cigarette électronique. Deux shops important, vaporShark et Cloud9Vape, ont publié des tests « sauvages » pour analyser la composition en diacétyle de certains e-liquides. Bien qu’il y ait clairement un conflit d’intérêt – ça fait un peu coup de pub et de pute que de descendre un fabricant connu en faisant le buzz – il est difficile de ne pas être interloqués par le résultat de ces tests et malgré tout on apprécie la démarche de transparence entreprise. Voici un petit point de la situation agrémenté de mon avis personnel sur la question.

Echelle du « danger »

Tout d’abord il faut situer le risque sur une échelle du danger. La cigarette tue un fumeur sur deux s’il n’arrête pas avant. Aux USA, par exemple, il est question de 480,000 morts par années à cause du tabac. 6 à 7 millions de morts chaque année dans le monde. De l’autre côté de la balance, la vape peut, dans certains cas, poser des problèmes. La FDA a un système qui permet de rapporter les problèmes que les américains ont rencontrés. Si la liste des soucis n’est pas nulle, elle est sans comparaison possible avec les problèmes liés au tabac : Pour le moment, la FDA ne reporte aucun mort à cause de la vape. Bien entendu, l’avenir nous dira ce que fait le fait de vapoter du diacétyle ou des saloperies de ce genre, mais pas avant 10 ou 20 ans. En attendant d’avoir le recul nécessaire, il faut considérer qu’il « serait mieux » de rechercher la vape la plus propre possible, tout en ayant à l’esprit que le principal est de ne pas fumer.

La base

Les 3 éléments de base d’un e-liquide sont :

  • le propylène glycol (PG)
  • la glycérine végétale (VG)
  • la nicotine – optionnelle

Ces 3 ingrédients – lorsqu’ils sont de bonne qualité – ne soulèvent pas de craintes particulières dans le cadre d’une utilisation normale. En cas de doute, si vous toussez à cause de la vape ou que vous sentez une irritation des voies respiratoires, il est possible de tester séparément PG, VG et une base neutre avec nicotine : Une allergie est toujours possible, bien que ce soit rare.

Danger de surchauffe

Formaldéhydes

En cas de surchauffe, les e-liquides vont générer des aldéhydes, notamment on parle souvent du formaldéhyde. C’est une des 50 substances cancérigène de la clope et probablement pas la pire mais tant qu’à faire autant l’éviter. Donc si votre vape a un gout de cramé, réagissez : le formaldéhyde ça se sent, c’est pas bon, ça crame la gorge, c’est beurk.

Aromes alimentaires

Bien que avec seulement les ingrédients de base, la vape fonctionne et est « le plus clean possible », avoir du plaisir est un des points essentiels pour arriver à passer de la clope à la vape. On ajoute donc des arômes dans les e-liquide pour rendre l’exercice agréable. Il existe différents types d’arômes. Des arômes naturels qui sont extraits de végétaux ou d’animaux, des arômes de synthèse, qui sont le produit d’une réaction chimique, et des arômes artificiels dont la particularité est de ne pas exister dans la nature : ils sont une « création » faite par des chimistes pour faire « mieux » que ce qu’on trouve dans la nature. Comprenez par là qu’un arôme artificiel est plus efficace, donne plus de gout que son équivalent naturel, voir même on peut inventer des goûts qui n’existent pas dans la nature..

Il existe une catégorie spéciale d’arômes qui sont les extractions naturelles. On aurait tendance à penser comme avec la nourriture qu’un arôme vanille extrait d’une vraie gousse de vanille est meilleure que de la vanilline de synthèse. Si ça peut être vrais au niveau gustatif, c’est totalement faux au niveau de la santé. La vanilline de synthèse, c’est une seule molécule, très utilisée et très connue. Un extrait de vanille peut contenir des centaines, voir des milliers de molécules. On pourra trouver des traces de pesticide, de métaux, de minéraux et toute sorte de molécules dont on ne connais pas les effets sur la santé en cas d’inhalation régulière et répétée. Il est trop tôt pour savoir l’impact que de tels ingrédients ont sur la santé à long terme. Je pratique moi-même pas mal de macérats de tisanes, de thé ou de cigare. C’est délicieux. Mais il serait mensonger de prétendre, parce que ce sont des produits naturels, que c’est meilleur pour la santé : Le risque est plus grand parce qu’il y a plus de types différentes de molécules, chacune pouvant représenter un danger éventuel. Il ne faut pas paniquer pour autant, mais variez les plaisir, ne vapotez pas que cela toute la journée.

Additifs suspects

Il existe actuellement un certain nombre de produits qui sont considérés comme suspects, voir dangereux. Par dangereux, on parle de produits dont il est avéré qu’une inhalation à haute dose peut rendre malade. Par suspects, je veux dire qu’on suppose, par analogie ou par logique, que ces produits pourraient représenter un risque. Ceci étant, certains de ces produits « dangereux » sont très largement utilisée dans la vape et on a connaissance de personne qui en serait morte, contrairement au tabac qui tue tous les jour plus de 20 personnes en Suisse.

Le problème est que actuellement on a pas une liste définie d’arômes « exprès pour la vape ». On utilise des arômes alimentaires faits pour être mangés ou bu. Boire deux litre d’eau par jour est recommandé, s’envoyer 2 litres d’eau dans les poumons nous tue. Ingérer ou inhaler n’est clairement pas pareil.

Voici la liste des arômes que j’ai pu trouver et qui sont potentiellement suspects :

  • Le diacétyle
  • L’acétyle propionyle
  • L’acetoin
  • Le massoia lactone
  • Le parabène
  • L’ambrox
  • L’alcool benzylique
  • Le sucre

Le diacétyle

Le diacétyle, ou butane-2,3-dione, est un additif gras issus des produits laitiers. Il peut être responsable de la bronchiolite oblitérante, une maladie grave et incurable. Il était très utilisé – et reste encore utilisé aujourd’hui bien que moins souvent – pour produire un arôme crémeux. Tous les gourmands, les custards, les crémeux, les gâteaux, etc … recherchent cet arôme. Donc on l’utilise. Dans une étude parue en 2014, le Dr Farsalinos nous révélait que 76% des e-liquides gourmands qu’il avait testé en contenait.

L’acétyle propionyle

L’acétyle propionyl ou 2,3-pentanedione est le remplaçant habituel pour le diacétyle. Typiquement, Suicide Bunny qui utilisait du diacétyle l’a remplacé par l’acétyle propionyle suite aux travaux du Dr Farsalinos. Le problème avec cet arôme c’est qu’il est extrêmement proche du diacétyle, il fait partie de la même famille des diketone. Il a été démontré dans une étude sur des rats qu’il cause les même problèmes. A quoi bon, du coup, remplacer un produit par un autre si le remplaçant n’est pas meilleur que l’original ?

L’acetoin

L’acetoin, ou 3-hydroxybutanone a une structure très proche du diacétyle également et était également présent dans les usines à pop-corn où a été diagnostiqué la bronchiolite oblitérante. Il pourrait donc bien être utilisé comme substitut au diacétyle pour son gout crémeux mais nous ne pouvons pas prétendre que c’est plus safe à vaper que du diacétyle. C’est le remplaçant idéal pour les fabricants peu scrupuleux : il ne figure ni dans les tests de vapor shark, ni dans les tests decoud9vap. Pas vu, pas pris. Donc si on vous vends un custard sans diacétyle ni acétyl propionyl, vous risquez bien d’y goûter.

Le Massoia Lactone

Le Massoia Lactone est également un additif crémeux, plutôt lait de coco. C’est peut-être le meilleur prétendant au titre de remplaçant moins risqué que le diacétyle. Mais on en sait rien. Je n’ai trouvé que très peu d’indications à son sujet concernant des problèmes médicaux à l’inhalation et si vous en avez, je suis vivement intéressé. La fiche de sécurité du produit indique qu’il est inoffensif mais en même temps dit qu’il est irritant à l’inhalation. Faudrait savoir … Après c’est une question de proportions aussi. En plus rien ne dit qu’il ait exactement le même bon gout crémeux que le diacétyle … Bref, je m’en suis commandé un flacon pour tester, je vous raconterai la chose. Sans doute pour me rassurer, je me dis qu’étant d’origine végétale et non animale, il est peut-être différent.

Conclusion

C’est un sujet délicat et je ne sais pas quoi penser. On a aucun recul. Il faudra encore 10 ou 15 ans pour avoir une liste d’arômes adaptés à la vape et qui soit reconnu sans danger. Faut-il attendre que cette liste soit faite et vaper n’importe quoi en attenant ou faut-il systématiquement boycoter tout fabricant qui aurait utilisé – parfois même à son insu – un additif éventuellement suspect et ce au risque de se priver des meilleurs e-liquides du moment ?

Les anti-diacétyle

C’est très bien d’améliorer la vape, d’avoir de la transparence, de savoir ce qu’on s’envoie dans les poumons. On a quitté la clope pour vivre plus longtemps alors pourquoi s’envoyer des produits pouvant nous détruire les poumons ? La bronchiolite n’est pas une plaisanterie.  On a aucune idée des dégâts que provoqueront ces produits si on les vape quotidiennement durant plusieurs décennies, mais on peut parier que les dégâts seront bien réels.

Dans la mesure où il n’existe aucun remplaçant sûr au diacétyle, si vous êtes du genre à luter contre les OGM, à manger végane et à dire que le bio de la migro c’est pas du vrais bio, alors sans hésitation aucune, ne vapotez pas de liquides crémeux. Avant d’acheter un e-liquide, demandez si des tests indépendants ont été réalisés et consultez les. Si non n’achetez pas ce e-liquide.

Les pro-diacétyle

J’aimerais qu’il soit clairement démontré que dans le cadre de la vape le gout crémeux est une saveur qui rends malade un nombre significatif de gens. La science progresse très vite, mais toujours moins vite qu’un buzz sur FaceBook. Les accusations sauvages qu’on a vu ont causés beaucoup de dégâts aux fabricants de jus. Certains vapoteurs accusent ouvertement les fabricants de e-liquides d’être des pourritures égales à big tabaco

Pour le moment les problèmes liés à ces produits sont si rares qu’on pourrait les ignorer purement et simplement. Qu’est ce qui est le plus important, prendre du plaisir aujourd’hui ou se priver afin d’avoir plus de chances de vivres jusqu’à 110 ans ?

Si ça se trouve, en laissant la communauté s’exiter après les composant on aura pas le temps de tomber malade avant que tous ces arômes et bien d’autres encore ne soient définitivement éliminés de nos jus.

Mon avis personnel

Personnellement j’aime trop déguster des bonnes choses pour renoncer au diacétyle et à toutes ces bonnes saloperies. Par contre si j’ai le moindre soucis pulmonaire ce sera la première chose qui giclera de mon quotidien. Je vais tenter de rentrer de nouvelles gammes de e-liquides testés par des organes indépendants et au dessus de tout soupçon parce que je veux pouvoir offrir ce service à mes clients. Mais je ne retirerai pas de la vente des e-liquides sous prétexte que – comme quasi tous les autres – ils contiennent des trucs potentiellement pas bon pour la santé.

EDIT

Un article intéressant sur Pubmed dit ceci : « Many years of exposures to flavoring chemicals in this workplace, including diacetyl, were not found to produce an increased risk of abnormal spirometric findings. » A creuser, je présume que en dessous d’une certaine quantité, le diacetyl pourrait être inoffensif. Le commentaire du Dr Farsalinos est en préparation, ça m’intrigue de voir ce qu’il dit …

sources diverses

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4110871/
http://www.fda.gov/NewsEvents/PublicHealthFocus/ucm172906.htm
https://en.wikipedia.org/wiki/Safety_of_electronic_cigarettes
Liste des « safety reports » reçus par la FDA